1973 - N° 1 - Avril


Editorial

Le comité du Syndicat d'Initiative et de Tourisme de la vallée de la Molignée a le plaisir de vous présenter le premier numéro de son journal,

il se nomme "LE MOLIGNARD"

il est né à Maredret le 2 février 1973.

Heureux d'être né dans la vallée de la Molignée "le plus beau bout de sol ; riche en histoires, en légendes... si accueillant", je dis déjà toute ma gratitude :

Malgré mon jeune âge et prétentieux, je promets :

Mon esprit avide de simplicité, de vérité et de sincérité aspire à "L'ECHANGE" entre les lecteurs et les rédacteurs. Alors écrivez-moi ou venez me voir ! A quel sujet pensez-vous ! Communiquez-moi vos joies, vos difficultés, vos projets... nous vous aiderons. Et déjà, je frétille en songeant à notre épanouissement !

Les Administrateurs du S. I. Molignée m'ont éduqué ainsi et comme eux,

je suis bien vôtre,

le molignard.


SYNDICAT D'INITIATIVE ET DE TOURISME DE LA MOLIGNEE

Président : Jean COBUT, Rue Par delà l'Eau 5643 SOSOYE - Tél. 082/693.57

Secrétaire : Michel LEONARD, "La Forge" 5622 FALAEN - Tél. 082/691.36

Trésorier : Jean FIVET, Rue du Centre 51 5643 SOSOYE - Tél. 082/692.42

C.C.P. 411 de la S.G.B. de Charleroi pour le compte 45.262 du Syndicat d'Initiative et de Tourisme de la Molignée A.S.B.L.

Editeurs responsables : Adolphe JADOT, Rue du Centre 56 5643 SOSOYE - Tél. 082/692.47

                                   Michel LEONARD, "Les Marronniers" Warnant, 5198 ANHEE - Tél. 082/613.34

Publicité : Jules PIRON, Rue de la Cour 104 5643 SOSOYE - Tél. 082/693.14

Publicité à insérer dans notre numéro de juillet. Les demandes doivent nous parvenir pour le 15 JUIN au plus tard.

Photographies : Fabrice FIVET, Rue du Centre 51, 5643 SOSOYE.

Courrier à adresser : "Le Molignard" Rue du Centre 56, 5643 SOSOYE.

Nous souhaitons vivement recevoir les idées et les suggestions des Jeunes.

Nous demandons d'être informés des programmes de festivités et des événements marquants de tous nos villages.

Que les Vieux tentent de rassembler leurs souvenirs d'il y a 60, 70, 80 et 90 ans, qu'ils nous fassent revivre le folklore de leur "Belle époque".

Voor de Vlamingen die in onze streek gehuisvest zijn.

We hadden een Nederlandstalige aangevraagd ons een typisch Vlaams woordje te willen opstellen. Wegens onvoorziene omstandigheden, heeft zijn aantwoord ons niet kunnen bereiken. Voor het volgende nummer (juli), verzoeken we hartelijk de Vlamingen van onze streek ons een teks in hun eigen taal te laten geworden. B.v.  over de streek waar ze gegroid hebben, hoe ze zich in ons milieu gewend hebben enz... We zijn bereid hun tekst te publiceren.


POLES D'ATTRACTION

ANTHEE

BIESMEREE

         Di ç'timps-là, i gn'aveut dès vindeûs di stofes di totes les sôtes. Dès cossonerèsses qu'achetint dès-ous, dès pouyètes, dès cokias, des vis coqs èt pouyes. Dès ôtes martchands qui v'nint achetè lès pias d'lapins, dis bèrbis èt d'gates. I gn'aveut ossi dès vindeûs d'fromadjes èt min.me di s'minces di totes sôtes. Il n'faut nin rouvyi non pus lès chârlatans qui v'nint d'ssu ène tchèrète avou lunk ou deûs musucyins qui foutint ène vîye di tos les diâles pou-z-atirè les djins. Ils vindint di totes sôtes di r'médes qui, si n'rifyint nin lès malades, ni fyint tot l'min - me pont d'twart. Il gn'aveut co lès-aracheûs d'dints, èt ossi dès martchands d'lunètes qui fyint saye les lunètes jusqu'au momint qui les djins trouvint qu'ils vèyint clér. Ni rioz nin. C'è-st-insi qui ça s'passeut i gn-a sèptante ans...

BIOUL

WEILLEN

ROSEE

Rédigé par A. JADOT

FURNAUX

MORVILLE

HAUT-LE-WASTIA

CORENNE

STAVE

         L'industrie du fer à Stave.

        La Seigneurie de Vaux-lez-Stave.

        Le Franc-Douaire de Stave.

        Toponymie de Stave.

        Monseigneur de Berloz, 13e évêque de Namur.

        Le Comte de Nassau, archidiacre de Famenne.

        Les essarts de Cornelle.

        Cornelle, fief de l'Abbaye St-Jean-Baptiste de Florennes.

        La ferme d'Aulne.

        La ferme de Stavesoul.

En préparation :

        Vingt siècles d'agriculture à Stave.

SALET

GERIN

          L'Entre-Sambre-et-Meuse, c'est notre Provence. 150 F. Editions du Brabant Wallon. (Nombreux dessins à la plume de Monuments,

         Châteaux et Lieux touristiques).

 

ERMETON-SUR-BIERT

DENEE

                                                                              d'un Centre d'Accueil ;

                                                                              d'une Librairie ;

                                                                              d'un Atelier d'Art.

                                Dom Ursmer BERLIERE. Terres et Seigneuries de Maredsous et de Maharenne. Edts de Maredsous. 135 F.

FALAEN

          Dom Thomas-Jean DELFORGE : Falaën en son histoire. Edts de Maredsous. 75 F. (En vente au Syndicat d'Initiative à Maredret et à

          Falaën). Sorti de presse en 1973.

          Dans ce livre, vous trouverez le sens des mots, les Hommes de la pierre, l'heure des moines, la gloire de Montaigle, la vie quotidienne

          au temps jadis, les Seigneuries modernes, l'Eglise de Falaën et Falaën aujourd'hui.

         Brochure du Syndicat d'Initiative de la Molignée :

         Histoire du Château-Fort de Montaigle et de son Fantôme. Le Baron Feuillen de Coppin de Falaën, Membre du Gouvernement

        provisoire en 1830. 20 F.

SOSOYE

SERVILLE

FLAVION

MAREDRET

          Céramique d'Art.

          Imagerie d'Art et Miniatures.

          Sculpture.

          Vannerie.

          Ebénisterie.

          Ferronnerie.

          Tapisserie d'Art.

          Broderie d'Art.

          Broderie religieuse.

          Sujets formés de petits galets coulés sur béton.

WARNANT

Le Tourisme en milieu rural

Atout économique de notre région.

I. UN MARCHE EN PLEINE CROISSANCE.

Dans le cadre de la nouvelle programmation des conventions collectives, les délégués syndicaux et ceux de la F.E.B. (Fédération des Entreprises de Belgique) ont, tout récemment, confronté leurs vues et leurs prétentions de caractère social. Si des divergences ont surgi au sujet du taux du salaire mensuel minimum, un accord complet sanctionnait la durée du travail et celle des congés payés. C'était la réduction progressive des prestations hebdomadaires (42 heures en 1973, 41 en 1974 et 40 en 1975) et simultanément l'accroissement de la durée des congés payés (3 semaines et 2 jours en 1973 et 4 semaines en 1975).

Dans le même ordre d'idées, il est intéressant de lire "Les 40.000 heures" de Jean Fourastié (Editions Denoel-Gonthier 1972). Ce livre porte en sous-titre "Le travail d'une vie, demain". L'Auteur prévoit que, dans un proche avenir, l'homme ne travaillera pas plus de 30 heures par semaine, 40 semaines par an et 35 années toute sa vie. Soit : 30 X 40 X 35 = 42.000 heures. Comparez ces chiffres avec l'optique de 1975 (40 heures par semaine, 4 semaines de congés payés) et en supposant que l'on travaille 40 ans. Cela donnerait 40 X 48 X 40 = 76.800 heures. Il y a du pain sur la planche pour les futures conventions collectives.

En février de cette année, s'est créé à Bruxelles la C.E.S. (Confédérations Européenne des Syndicats) regroupant quelque 29 millions d'affiliés au sein de 14 pays d'Europe. Ce vaste groupe de pression ambitionne de "programmer" pour 1980 la semaine de 4 jours de travail (rejoignant ainsi les prévisions de Fourastié) et l'étalement démocratique des vacances.

Ces perspectives nous offrent là une occasion unique de saisir la balle au bond et de rechercher, dès maintenant, de concert avec les représentants des pouvoirs publics locaux, une politique nouvelle dans l'orientation à donner aux secteurs du Tourisme, des Vacances et des Loisirs. Retroussons nos manches pour "revaloriser" une région "économiquement sous-développée". De STAVE à WARNANT, d'ANTHEE à BIOUL, nous devons voir surgir prêts à se découvrir une vocation de promotteur de Loisirs et de Vacances. Un marché de "plein-devenir", générateur d'emplois nouveaux se trouve à notre portée.Tirer parti de toutes les ressources touristiques - souvent méconnues - l'ensemble de nos deux vallées du Flavion et de la Molignée, voilà l'objectif que nous devons nous efforcer d'atteindre.

II. LA "MOLIGNEE" et le "FLAVION" : REGIONS VERTES ET RURALES ET DE L'EAU PURE.

Nos villages se pelotonnent autour du point de jonction des trois arrondissements administratifs de la province au lieu-dit des BIERT, plateau battu par les vents et parsemé de fermes isolées, jetées çà et là au gré des partages de vastes étendues de "terre". Les BIERT d'Ermeton (Namur), de Falaën (Dinant) et de Flavion (Philippeville).

Ses habitants doivent prendre conscience de leur appartenance à une même région touristique que traversent de charmants ruisseaux : la Molignée et le Flavion.

Régions pratiquement inviolées par le secteur secondaire de l'économie (Industries) - et elles doivent absolument le rester - la "Molignée" et le "Flavion" se présentent sous un relief tour à tour plat, ondulé et accidenté où alternent bois et cultures et permettent de découvrir et de re-découvrir le milieu rural.

La forêt est sillonnée d'innombrables ruisselets qui jasent sous les feuillées, bruissent sous les cailloux et creusent de ravissants vallons.

Partout, l'eau de la distribution accuse une extrême pureté, car elle provient exclusivement de captations de sources à l'abri de toutes pollutions.

III. DEUX SOUS-REGIONS : PROBLEME. COMPLEMENTARITE A TROUVER : SOLUTIONS.

Nou subdiviserons nos villages et nos vallées en deux sous-régions. La première court le long de la Molignée d'Ermeton-sur-Biert à la Gare de Warnant. La seconde, c'est tout le restant ou à peu près 80 % de l'ensemble. Elle constitue le noeud du problème.

La beauté naturelle du site, la fraîcheur ombragée des sous-bois, le charme des méandres de la rivière, tels étaient les atouts touristiques majeurs de la Molignée d'Ermeton-sur-Biert à Warnant. Au bon vieux temps de l'entre-deux-guerres, c'est là que s'est implantée une chaîne d'hôtels, de restaurants et d'auberges à proximité des gares (Denée, Falaën, Warnant) d'où débarquaient alors des touristes privilégiés en quête de repos à la campagne.

Depuis la fin de la guerre jusqu'à nos jours, la timide infrastructure de jadis a pris de plus en plus d'extension. Venaient notamment s'y insérer des étangs de pêche, des entreprises piscicoles, des terrains de camping, des auberges de jeunesse, de nouveaux relais gastronomiques et, last but not least, le Vignoble de Sosoye appelé à devenir un second Torgny. De nombreux parking de pique-nique sont venus tout récemment jalonner la route de la vallée qui fut élargie et reçut un nouveau revêtement. L'ensemble exerce bien sûr un irrésistible attrait sur le vacancier et l'invite tout naturellement à s'y arrêter ou à s'y fixer.

En marge de cette sous-région pittoresque, il y a l'autre que se partagent STAVE, BIESMEREE, CORENNE, ROSEE, FLAVION, FALAEN-VILLAGE, MORVILLE, WEILLEN, GERIN, ANTHEE, SERVILLE, HAUT-LE-WASTIA, WARNANT, SALET, BIOUL, DENEE-VILLAGE. Elle offre certes un aspect plus austère, mais elle recèle cependant des coins et recoins charmants qui mériteraient d'être mis en évidence.

C'est un problème assurément à saisir à bras-le-corps. Comment ? Tous les goûts sont dans la nature. Il est possible de trouver des "clients adaptés". Une "complémentarité" s'impose, il faut imaginer et susciter des "attractions de loisirs et de vacances" là où la nature s'est révélée moins généreuse dans la distribution de ses "appas". A partir d'un inventaire touristique des curiosités, méconnues parfois des autochtones, une chaîne hôtelière doit se constituer, dans le cadre de la loi sur l'expansion économique (Loi Leburton) par la création de gîtes ruraux.

Ouvrons ici une parenthèse. Les petites et moyennes exploitations agricoles (de 10 à 25 Ha.) se trouvent confrontées devant le problème angoissant de leur rentabilité. Celle-ci s'amenuise au fil des années en regard de celle des "grands" de l'agriculture qui, seuls, sont en mesure de supporter des investissements très onéreux. Il y a donc là un manque à gagner et qui devrait inciter les petits et moyens agriculteurs à transformer leur ferme en "gîte rural". Fermons la parenthèse.

Le "gîte rural" est une reconversion partielle d'une petite ou moyenne exploitation agricole en séjour pour vacanciers. La ferme se mue insensiblement en "hôtel-restaurant - bar". Reconversion partielle, disions-nous, car la production de viande, lait, beurre, fromage, légumes, pommes de terre, fruits, etc. doit être maintenue dans la mesure où elle est nécessaire à la "gastronomie de la Maison" et aux "provisions" de produits frais et sains de la campagne qu'emporteront les hôtes au terme de leur séjour.

Ces "Cultivateurs-Hôteliers" rehausseraient leur crédit et leur prestige auprès de leurs hôtes, si, dans leurs "terres", ils proscrivaient l'épandage d'engrais artificiels et de pesticides et s'ils ne recourraient pas à des produits "hormonaux" pour l'alimentation de leur bétail (Cfr : "C'est la nature qui a raison" de Maurice Messegué. En lisant ce livre, on découvre une série de conseils et de recettes pratiques permettant au bien portant comme au malade d'extraire de la nature toutes les ressources pour sa santé et son bonheur). Produire "naturel" et respirer l'air pur de nos campagnes seraient attirer dans ses filets de nombreux vacanciers soumis chez eux à un environnement de pollutions.

Et pendant que le futur "patron" de gîte rural "rumine" sa reconversion et qu'il suppute les aides financières que la loi peut lui accorder, pourquoi n'élargirait-il pas ses horizons en s'adjoignant un manège ou une écurie de chevaux de selle (entre 10 et 20). L'équitation est un sport qui gagne les faveurs des vacanciers. Elle a même tendance à se démocratiser. (Cfr : le "POURQUOI PAS ? du 22 février 1973 - Que devient le cheval belge ?). Par monts et par vaux, les promenades équestres amènent la détente de l'esprit, assouplissent le corps et invitent à re-découvrir la nature là où elle offre son aspect le plus sauvage.

Les gîtes ruraux sont appelés à jouer le rôle de détonateur "touristique" comme le firent jadis les premiers restaurants aux abords des gares de la Molignée. Une "complémentarité" deviendra "réalité" : d'un côté, une chaîne hôtelière traditionnelle, de l'autre, des gîtes ruraux offrant ainsi un caractère d'homogénéité touristique à l'ensemble de notre région.

IV. QUELQUES IDEES EN VRAC POUR L'ENSEMBLE DE NOS DEUX VALLLEES.

La matière première la plus nécessaire pour les vacances n'est plus seulement la beauté de la nature, mais l'ingéniosité et la capacité de l'accueil.

A cet égard, des relations amicales doivent se nouer entre les hôtes et la population de nos villages. Un Comité local réunissant des représentants des pouvoirs publics, les autorités morales et spirituelles, les éléments les plus dynamiques de la vie locale (les Jeunes surtout) devrait assurer la mission de "Public Relation". S.S.S. Serviabilité, Sourire, Sympathie, tel devrait être leur slogan.

Il faut absolument proscrire la mentalité "d'exploiter" le touriste ou le vacancier.

Attirer durant tous les week-end le maximum de résidents secondaires de façon à augmenter les débouchés locaux.

Favoriser une implantation intelligente de résidences secondaires (lotissements) accroissant ainsi la population et animant la vie locale.

Décoration florale artistique des fenêtres et des jardinets.

Interdiction des avertisseurs sonores, sauvegarde du silence, pas de tapage nocturne, pas de mobylettes  ni de voitures pétaradantes?

Propreté permanente des agglomérations et entretien méticuleux des installations.

Protection du patrimoine artistique et naturel, respect de la propriété privée (dans les champs et dans les bois surtout), self-éducation, bacs à ordures, éduction du touriste à utiliser ces bacs.

Séances audio-visuelles de la vie rurale et du tourisme de la région en utilisant, à cette fin, nos nombreuses salles de Stave, Corenne, Flavion, Biesmerée, Ermeton-sur-Biert, Maredret, Denée, Sosoye, Falaën, Warnant, Bioul, etc.

Visiter les Centres culturels : Abbayes de Maredsous et de Maredret, le Village artisanal de Maredret, son Musée de la vie rurale, ses salles d'exposition, les Amis de Montaigle, à Falaën, le Château-Ferme de Falaën, les Ruines de Montaigle, etc.

Sentiers et chemins touristiques à flécher, à baliser, à numéroter pour les promenades à pied, à cheval, en vélo.

Panneaux à planter en des endroits appropriés des villages reprenant le plan des environs, les curiosités à visiter, les sentiers et chemins ci-dessus.

Bancs et tables rustiques en des endroits paisibles ou en de ravissants "points de vue" et destinés aux pique-niqueurs ou au promeneurs.

Cours d'observation de la nature, ce que les Anglo-Saxons appellent le "Bird-Watching". Apprendre à observer le vol des oiseaux. Etudier la faune et la flore locales.

Leçons de littérature wallonne. Le Folklore de notre région.

Stages chez nos artisans. Cela se fait déjà à Maredret.

Jeux improvisés ou organisés dans les terrains de camping, les auberges de jeunesse, etc.

Terrains de jeux pour adolescents et adultes (tennis, volley-ball, basket-ball, badminton, etc.).

Terrains de jeux pour enfants (aire sablée, manèges, balançoires, toboggans, etc.).

Bassins de natation. Il en existe un à Falaën-Village.

Locaux couverts à la disposition des jeunes pour les jours de pluie (ping-pong, discothèque, jeux divers, etc.).

Créer un petit "train touristique" portant une jeep sous les traits d'une locomotive tractant deux remorques en forme de wagons et circulant à travers le réseau routier empierré et macadamisé de toute la région. (Cfr : NISMES).

Revenir aux chars à banc du siècle dernier tirés par deux chevaux et empruntant les chemins cahotants, les ornières profondes de chemins de terre et à travers bois. Il y a là tout un romantisme à retrouver.

Voilà quelques idées jetées en vrac. Découvrez-en d'autres, cher lecteur, nous nous empresserons de les publier dans notre prochain numéro.

V. ELARGISSEMENT DU SYNDICAT D'INITIATIVE ?

Pour répondre avec pertinence aux nouveaux besoins touristiques de toute notre région - nous en avons cité quelques-uns au chapitre précédent - peut-être, le Syndicat d'Initiative de la Molignée devrait-il élargir son audience ?

Actuellement, au sein de son Comité, seuls sont représentés les villages de Warnant, Falaën, Sosoye, Denée, Maredret et Furnaux.

N'aurait-il pas un caractère plus représentatif s'il voyait venir à lui des hommes et des femmes dynamiques d'autres villages prêts à coopérer dans l'intérêt de nos deux vallées, le Flavion et la Molignée ?

Des idées seraient échangées dans le concret, le vécu, les problèmes de chacun des villages. Les discussions, qui en résulteraient, permettraient alors de déboucher sur des solutions pratiques qui seraient aussitôt mises en chantier. Qu'en pensez-vous, cher lecteur ?

VI. CONCLUSIONS

Au fil des années, les vacances et les loisirs deviendront un besoin vital et iront en "s'amplifiant". Ils permettront à chacun de retrouver chez autrui d'autres types de relations que celles de ses contingences quotidiennes. Il y a non seulement un marché économique à créer et à conquérir, mais aussi un climat social à faire surgir et à développer entre les vacanciers et la population de chez nous. Un brassage d'idées crée de nouvelles mentalités : on se rend compte que d'autres pensent autrement et cela augure des relations d'un type nouveau.

A partir du moment où notre région se découvre des promoteurs dynamiques, accueillants, soutenus efficacement par les pouvoirs publics locaux, où elle devient attirante en assurant aux vacanciers la certitude qu'il fait bon vivre chez nous, elle deviendra ipso facto un pôle de développement du tourisme.

De nombreux et nouveaux emplois surgiront : librairies, agences de banque, agences de tourisme et de renseignements, coiffeuses, maîtres d'équitation, maîtres d'attelage, garçons d'écurie, selliers, bottiers, maréchaux-ferrants, artisans de tous genres, toutes les professions gravitant dans l'orbite de l'hôtellerie traditionnelle et des gîtes ruraux, les petits commerces statiques et ambulants plus florissants, les professions libérales plus à la tâche (médecins, pharmaciens, garagistes, etc.).

Notre région doit devenir une "ruche" bourdonnante de mouvements et d'activités économiques et culturelles. Ainsi, le développement touristique de nos deux vallées suffira presque à lui seul à "revaloriser" tous nos villages leur évitant un chômage tant redouté en cette période d'inflation galopante. Nous devons le vouloir et tout de suite.

Bibliographie : Tourisme et milieu rural par Henri de FARCY et Philippe de GUNZBOURG. Coll. "La Terre". Editions Flammarion.

10-3-1973                                                                                                                                    

A. JADOT.


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La vie rurale à la belle époque

Le tirage au sort.

En cet heureux temps qui précéda le XXe siècle, il n'y avait pas de projet V.D.B. sur la réforme de l'armée, mais on ne connaissait que le tirage au sort. Les futurs conscrits tiraient un "mauvais numéro" ou un "bon" pour faire leur service militaire ou en être exemptés.

L'inscription se faisait vers la Noël et le Tirage au sort avait lieu en février à Saint-Gérard.

Le téléphone n'existait pas, c'était un "gamin-coursier" (l'école n'était pas obligatoire) qui, essoufflé, ramenait les bonnes et les mauvaises nouvelles. Alors se préparait la réception des conscrits. Les hommes s'affublaient de casquettes drôles et de cocardes bariolées. Tambours en tête, toute la population de Maredret accueillait le retour des conscrits. Une fête s'improvisait. De ménage en ménage, la crêpe sautait sur la poêle. Les réjouissances duraient de 5 à 6 jours.

 

Une guimbarde en 1904.

Aux environs de 1904, je me rappelle l'arrivée de la première auto au château de Maredsous (l'actuel château occupé par le comte de Beaucourt). Le pilote de cette auto n'était autre que Monsieur Benoît Desclée de Maredsous. En montant la côte de Maredsous, il tomba en panne et dû faire appel à une paire de boeufs qui firent office de Touring Secours en tractant le véhicule en panne jusqu'à l'Abbaye de Maredsous.

 

L'instruction et la tirelire. Un vélo.

En ce temps-là, les enfants n'étaient pas tenus de fréquenter l'école primaire. Mais à Maredret, Monsieur Benoît Desclée voulait que nous apprenions quelque chose. A cette fin, les gamins se rendaient chez lui et il nous faisait copier l'Evangile. C'était l'école dominicale.

Quand l'école était terminée, Monsieur Benoît Desclée nous engageait à l'épargne. Les intérêts étaient payés sur-le-champ, et à un taux très intéressant. Chaque fois qu'on glissait un centime ou cinq centimes ,dans sa tirelire, la même somme était introduite par Monsieur Benoît. Si le montant épargné atteignait 9 centimes ou 90 centimes ou 9 francs, Monsieur Benoît arrondissait sa mise en 10 centimes, un franc, dix francs.

Ainsi, je pus acquérir un vélo qui me coûta 225 francs. Il pesait entre 18 et 20 kilos et avait un pignon fixe. Vu mon poids plume, j'éprouvais des difficultés quand je devais freiner en descente. Que ferait Eddy Merckx avec un tel vélo pour grimper ou descendre le Tourmalet ou le Galibier ?

En ce temps-là, pour être propriétaire d'un vélo, il fallait justifier un déplacement d'au moins 5 km. de ,chez soi au lieu de travail. On devait s'adresser à la Commune pour avoir une plaque ouvrier qui coûtait un franc. Pour les autres plaques, qui coûtaient 10 francs, on devait se rendre à Fosses.

L'acquisition d'un vélo me permit de gagner une heure et demie, par jour sur le trajet que je faisais aupa1'avant à pied. Tous les jours, je me rendais initialement à pied à la ferme du Bois-le-Couvert à Serville, distante de 6 km. de chez moi. Le travail commençait à 6 heures du matin. Je devais partir, par tous les temps, à 4 h. 30. Le vélo me fit ainsi partir vers 5 h. 15.

La suite au prochain numéro.

Maxi Selek, Maredret.


15-3-1973