1981 - N° 3


Editorial

La beauté est une source inépuisable de joies pour qui sait la découvrir.       Alexis CARREL.

 

Dernièrement, les Syndicats d'initiative de ANHÉE, de ONHAYE et de la Vallée de la Molignée et du Flavion se sont associés pour réaliser une opération qu'ils avaient souhaité mener ensemble dans la Vallée de la Molignée, d'ERMETON-SUR-BIERT à ANHÉE. C'était le 4 juillet, l'Opération propreté vallée 1981.

Aux côtés de responsables des trois syndicats précités, quelques dizaines de personnes bénévoles avaient répondu à l'appel lancé par voie de presse et d'affichettes et ont participé, « manches retroussées » au ramassage de tous les déchets qui enlaidissaient les accotements de la route de la Molignée et de tous les objets qui encombraient et polluaient lit et berges de la rivière. Il est très encourageant d'avoir pu enregistrer la présence de cibistes actifs, le concours de secouristes de la Croix Rouge et d'avoir pu apprécier que les administrations communales y avaient délégué des échevins, et qu'un travail très important de curage a été réalisé par le Service technique provincial.

Chacun serait édifié par l'inventaire des objets les plus hétéroclites récupérés dans l'eau ou ramassés sur les aires de stationnement de la vallée ou plus simplement au gré du chemin. Et personne ne devrait plus se satisfaire de cet état de choses, occasionné par la facilité, la paresse ou la malveillance, ni de ces états d'esprit qui l'engendrent.

Mais à la réflexion, que peut bien apporter l'action de quelques-uns, si décidés soientils, pour restituer, pour un temps sans doute trop court, sa propreté naturelle à une voie de promenades si fréquentée ? Rien, peut-être, si personne ne veut devenir conscient que la beauté de notre vallée, c'est aussi son affaire !

De plus en plus, on voit les gens s'employer aujourd'hui à rendre leur maison la plus accueillante, la plus nette possible, à en soigner les abords en les voulant propres, coquets et fleuris. Au-delà des soins que chacun réserve à ce petit univers bien personnel, ne conviendrait-il pas que tous développent le même désir d'assurer la netteté de notre univers collectif, chemins et sentiers parcourus dans nos promenades, cours d'eau qui agrémentent nos paysages, endroits tranquilles où l'on se détend au bord de la rivière.

Mais, bien sûr, nous ne sommes pas tous responsables de tout, et j'imagine que d'aucuns accusent aussi touristes, vacanciers, campeurs...

Et si nous prenions quand même la peine d'essayer de donner l'exemple du maintien de la propreté, nous pourrions certainement être plus exigeants à l'égard de ceux qui passent chez nous pour apprécier la beauté et la tranquillité de notre vallée et de nos villages. Que chacun y réfléchisse, que chacun participe par une action préventive, et, l'Opération propreté vallée 81 n'aura été ni utopique ni inutile.

P HEBETTE

 

NOUVELLES DU SYNDICAT D'INITIATIVE ET DE TOURISME, DE LA MOLIGNEE ET DU FLAVION

L'opération « Propreté des vallées » a été effectuée le 4 juillet 1981.

Y ont collaboré les trois syndicats d'initiative : Meuse-Molignée, Onhaye et Molignée-Flavion.

L'organisation a été parfaite, la récolte abondante et les moissonneurs harassés, mais contents de leur journée qui s'est terminée par une collation qui fleurait bon le charbon de bois. On se sentait bien comme au sortir d'une douche.

Mais, après deux mois, on constate qu'il sera nécessaire de recommencer... sous peu

Les promenades commentées ont eu lieu à Furnaux, Sommière et Falaën.

Excursion en autocar

Le Syndicat d'initiative organise, le dimanche 27 septembre 1981, une excursion en autocar d'une journée, pour les annonceurs du Molignard, les membres du Syndicat d'Initiative et leur famille.

Le départ aura lieu à 8 heures précises du château-ferme de Falaën ; la rentrée est prévue vers 20 heures.

 

Parcours projeté :

Walcourt : visite de la basilique mineure ;

Boussu-lez-Walcourt : les barrages de l'Eau d'Heure ;

Senzeilles : l'horloge astronomique Bourlers déjeuner ;

Petigny les grottes de Neptune.

Une invitation sera adressée aux annonceurs du Molignard et aux membres lorsque les dernières dispositions auront été prises.

 

Concours 1981 du Molignard sites et monuments

Les réponses :

1. Comte de Namur - 1554 ; 2. Rosée Gîte rural ; 3. 1233 - Ordre de Cîteaux

4. XVIe S. - Denée 5. L'Agnelée Forge ; 6. Hontoir - 4 7. Mémorial français - Haut-le-Wastia 8. 1936 - Jacques Michel de Flaveau 9. Grange aux dîmes - 1646 ; 10. de Néverlée - 1574,

Quatre réponses ont été enregistrées :

le, prix : M. Albert HENRY, de Namur 18 points ;

2e prix : M. Emile DENIS, d'Ermeton-sur-Biert : 15 points ;

3e prix : M. et Mme Etienne FRIPPIAT, de Sosoye : 12 points,

Madame Delmarche-Renard, d'Ermeton-sur-Biert n'a pas totalité 12 points.

Les prix ont été remis aux lauréats le 23 août 1981 au château-ferme de Falaën au cours du barbecue.

 

Le château-ferme de Falaën

Le vernissage de l'exposition sur des métiers qui ne sont plus actuellement exercés dans la région a eu lieu le 27 juin.

Cette exposition rassemble des outils et documents sur le maréchal-ferrant, le meunier, le sabotier et le bourrelier.

Elle est accessible tous les jours des mois de juillet et août de 14 à 19 heures 6 et les week-ends de septembre aux mêmes heures.

Le vernissage d'une exposition d'oeuvres d'artistes organisée par Li Kinket a eu lieu le 22 août.

Participent à cette exposition : Paul De Plaen, artiste peintre, Ophélie, artiste peintre, Colette Lefèbvre, graveur, Lucien Van der Biest, sculpteur (fer), C. Conreur, photographe, et André Hurion, photographe.

Cette exposition est ouverte tous les jours du 22 au 31 août inclus et les weekends des 5-6 et 12-13 septembre de 9 à 12 heures et de 14 à 19 heures.

 

Recherches sur la dénomination des cours d'eau MOLIGNEE et FLAVION (suite)

B.       L'AFFLUENT DU RIEU DE FLOYON

On a vu' que le cours d'eau coulant de Flavion à Warnant est dénommé, au début du XVIe siècle, rieu de Floyon ou rieu de Flayon et qu'il reçoit un affluent à Montaigle.

Le terrier de 1516, qui a été notre principale source, ne contient qu'un seul texte sur cet affluent. Aussi, a-t-il été nécessaire de consulter d'autres documents parmi lesquels les registres du chairier de Bouvignes ; des lots de bois des forêts domaniales sont, fin du XVe et début du XVIe s., mis en vente publique et achetés par des maîtres de forges, ce bois étant destiné à la fabrication de charbon de forge et marteau à affiner fer2.

Les textes ne seront cependant pas, comme il a été fait précédemment, groupés par localité, mais bien par dénomination du cours d'eau pour deux raisons :

la première, le cours d'eau n'a pas une seule dénomination ;

la seconde, fa localisation de ces forêts ne peut être qu'approximative parce qu'elles couvraient de vastes, territoires s'étendant sur plusieurs seigneuries.

1. Le rieu de Stave

Henry Maistre Jehan achète, en 1489, dix bonniers de bois prins au bois de Montaigle, assavoir six bonniers au bois Madame sur le rieu de Cotwa, commenchant à le Parque et rallant à la haye de Closière joindant à le piésente qui va de Marendrech à Fallaen, ralant jusques au bois Labbé, remontant une flache de 4 bonniers selon Frémivaux, ralant jusques aux ducs envers le rieu de Stawe, ralant aval jusques aux ducs de labbé de Wauchoure qui vallent à trois mailles le bonnier. ...3 .

Frémivaux est un lieu-dit de Weillen, à 4 kilomètres à vol d'oiseau de la Molignée ; le rieu de Cotwa n'a pas été identifié, non plus que la haye (forêt traversée en tous sens par des hayes hautes et épaisses pour la facilité des grandes chasses) de la Closière. Un dernier élément est le sentier (piésente) de Maredret à Falaën qui, en amont de Sosoye, longe le ruisseau. On peut raisonnablement supposer que les six bonniers de forêt, compris dans le bois Madame, se trouvaient au sud du cours d'eau aux environs de Maredsous et ou de Maharenne.

Sont adjugés en 1501-1502 à Henri de Denée, forgeur, douze bonniers de bois dont six bonniers joindant au rieu de S tawe, revenant à la piésente de Serville et rallant tout au long à le taille le Forgeur et joindant au bois Pasquet et revenant au chemin du seigneur4.

Le seul élément connu de ce texte permettant de situer ces six bonniers est le sentier de Serville. Une route relie encore actuellement Serville à Maredret et à Ermeton-sur-Biert ; on peut donc situer ces six bonniers entre ces deux dernières localités.

Quelques années plus tard (1518-1519), il est vendu à Jehan le Forgeur de Montaigle vingt un bonniers demy de bois prins au bois de la Bruyère, joindant d'ung costé à la voye qui va jusques au rieu de Flaion, remontant amont jusques au rieu de Stave et d'aultre costé au chemin de Serville ... 5.

Lui sont encore vendus trois autres bonniers un journal 45 verges de bois prins audit bois de La Bruyère joindant d'ung costé au rieu de Stave et à la taille dudit Forgeur avecq dix huict chesnes au pris de. . .5.

Un bois à Weillen porte encore actuellement la dénomination Bois de la Bruyère que traverse le Floyon ; le lieudit La Bruyère existant dans d'autres localités, notamment Falaën, Salet, Serville, Warnant, on peut supputer que, au début du XVIe S. , le bois de La Bruyère couvrait de vastes espaces situés entre le Floyon et la Molignée, ici dénommée le rieu de Stave.

 

2. Le rieu qui vient de Sozoie

On lit, dans le terrier de 1516, que Jehan le Forgeur possède des terres dépendantes de la Cour de Faing, c'est-à-dire situées entre Sosoye et Montaigle, commune de Falaën :

Doibt encores sur les héritaiges qu'il at acquis à Jaco le Borguignon venant de Bertrand Dimeche contenant en pret et en haque deux bonniers ou environ loindant audict héritaige de la prévosté de Sozoie, joindant encore à Quintin de Cesves et au rieu qui vient de Sozoie6.

 

3. Le rieu de Sozoye

En l'année 1501-1502, le receveur de Bouvignes prend en recette le versement de Jehan de Faing, forgeur de Montaigle, pour l'achat de 8 bonniers de bois à luy vendus et mesurez au mois de juing le 15e jour l'an 1501 par Jehan Surnet, maistre mesureur de bois sermentez de mon très redoubté sire Monseigneur 'Archiduc dAustrice, duc de Bourgogne et de Brabant, conte de Namur, assavoir au fond de Sosoie, joindans aux aisses vers Sozoïe, montant le piesent sur Peumont, rallant jusques au rieu de Sozoie et rallant à la vielle taille deux bonniers... 7.

Peumont était un lieu-dit de Falaën, la dénomination rieu de Sozoie s'applique au cours d'eau sur le territoire de cette localité.

La même dénomination se retrouve dans les comptes 1507-1508 du receveur de Bouvignes : Dudit Forgeur de Montaigle et Henry de Denée ausquelz a esté mesuré et vendu par ledit... le nombre et quantité de quatre bonniers de bois prins en deux pièces. Assavoir les trois sur le vue de Pemont joindant de loing du rieu de Sozoye d'un costé ; d'aultre, costé par deseure à la taille dudit Forgeur8.

On peut encore lire la même dénomination dans les comptes 1511-1512 : Une pièce de raspe contenant huyt bonniers trois journaulx prins au bois Madame joindant par devers Ermenton au bois Labé, d'aultre costé à le piesente qui va de Maredret à Falaën, d'aultre costé au rieu de Sozoye et ainsi que...

 

4. L'eau de Biesmerée

Un record10 de la cour de justice de Biesmerée de 1500, dont la copie est datée de 168211 nous apprend que le ruisseau traversant Biesmerée ne porte pas de dénomination :

Et osty avons.aprins que nul ne doit et ne peut pescher en I’eaue de Biesmerée s'il n'est masuit ou mannan que ce ne soit sur l'amende telle que les eschevins diront.

 

5. Le rieu qui vat d'Ermenton à Montaigle

Bernard Sarto a obtenu vers 1460 un octroi pour l'utilisation du cours d'eau pour y édifier un marteau et en 1501-1502 lui a succédé Henry, maistre Jehan qui verse au trésor 4 oboles ou 72 sols pour ung cop d'eaue que souloit tenir Bernard Sarto séant sur le rieu qui vat d'Ermenton à Montaigle, lequel cop d'eaue est rendu audit Henry pour le tenir en arrentement héritable parmy payant chascun an 4 obz. Et en nom de contrepan, icelluy Henry sera tenu de mectre et emploier en édifice de Char-  penterie et autres choses servans audit martel pour la somme de 60 flz dé Rin dont le présent terme eschera au jour de Noël l'an 88.. 12.

Des textes du début du XVIe s. ci-dessus transcrits, on peut tirer les enseignements suivants :

-la dénomination « Molignée » est inconnue;

-le ruisseau, dont la source se trouve à Stave et qui arrose Biesmerée, Maredret, Sosoye et Falaën, est un des affluents du rieu de Floyon ; leur confluent est à Montaigle ;

-une seule et même dénomination n'est pas donnée au cours d'eau, mais varie : elle comprend le nom du village situé en amont : rieu de Stave à Maredret, à Sosoye, rieu de Sesoye à Falaën ;

-dans certaines localités, Biesmerée notamment, le cours d'eau n'a pas de dénomination.

A suivre

G. DEREINE.

 

1      Le Molignard, 1981/2, p. 13.

2      A.G.R. (Archives Générales du Royaume),

       Chambre des Comptes, n° 10585, P 162.

3      A.G.R., Chambre des Comptes, n' 10524, f ° 82.

4      A.G.R., Chambre des Comptes, n° 10536, f ° 77v.

5      A.G.R., Chambre des Comptes, n° 10553, f ° 69.

6      A.E.N. (Archives Etat Namur), Domaines du comté de Namur, n° 104, f° 565.

7      A.G.R., Chambre des Comptes, n° 10536, f ° 77.

8      A.G,R., Chambre des Comptes, n' 10542, f ° 67.

9      A.G.R., Chambre des Comptes, n° 10546, f ° 69v.

10       Déclaration solennelle à l'effet de constater l'existence du droit coutumier non écrit et de certains usages locaux ayant obtenu force de loi.

11     A.E.N., Communes ancien régime, Biesmerée, n° 2.

12     A.G.R., Chambre des Comptes, n° 10536, f° 75v.

 

LE CHÂTEAU D'ANTHÉE, COMMUNÉMENT APPELÉ CHÂTEAU DE LA FORGE

Le château d'Anthée ou l'ancienne demeure des barons de Jacquier de Rosée est bâti sur l'emplacement d'une petite gentilhommière appartenant jadis à Maurice Godart, Seigneur d'Ermeton, 12 Maître de forge.

La date de sa construction n'est pas bien déterminée. Une pierre encastrée dans un pignon extérieur situé derrière le château porte la date de 1651. A l'intérieur, deux taques de cheminée mentionnent respectivement les dates de 1696 et de 1709. Faute de renseignements précis sous la main, on peut, sans risque de se tromper, fixer l'époque de sa construction vers la fin du XVIle siècle.

Dans son « Histoire Générale, Ecclésiastique et Civile de la Ville et Province de Namur » (Tome IV, pp. 52 à 56 Liège 1789), Gaillot écrit ce qui suit au sujet de cette demeure seigneuriale : « Ce château aussi magnifique par ses bâtiments que remarquable par la beauté de ses jardins en terrasses serait situé dans le plus bel emplacement du monde ».

Il est construit dans une vallée non loin des bords du Floyon, dont on capta jadis la force hydraulique pour les besoins d'une forge disparue érigée en cet endroit depuis un temps immémorial et notamment exploitée par la famille Jacob ou Jacquier.

La route n° 51 (Anthée - St-Gérard) passe à proximité du bâtiment tandis qu'un chemin communal contournant la ferme attenante mène au hameau d'Ostemerée.

Deux tours carrées en pierre du pays, de même hauteur que la façade principale se dressent à l'avant-plan de chaque côté de cette demeure. Elles sont reliées par un petit mur en pierres appareillées supportant un grillage attaché à huit colonnes carrées. Une grille d'entrée donne accès à une cour d'honneur rectangulaire au centre de laquelle on distingue un imposant parterre de forme circulaire. Le château proprement dit est construit en briques rouges sur un soubassement en pierre. La façade bien proportionnée et sobre est à un étage ; la partie centrale présente une légère saillie et les extrémités une avancée plus marquée. L'édifice est coiffé d'un toit aigu en ardoises d'où ressortent plusieurs lucarnes disposées symétriquement sur deux rangs au-dessus des fenêtres. La porte d'entrée, au centre du bâtiment, est suivie de chaque côté de deux fois trois fenêtres. Une fenêtre à balcon, à l'étage, est surmontée d'une pierre rectangulaire sculptée portant les armes de la famille Jacquier. Sur un cordon en pierres de taille repose une fenêtre rectangulaire divisée en trois parties et située sous la corniche d'une petite toiture à quatre versants coiffant la saillie de la partie centrale et percés d'une lucarne chacune.

La façade est reliée aux deux tours carrées par deux avancées de même hauteur que le bâtiment, comprenant chacune un étage percé d'une fenêtre et un rez-de-chaussée qui se prolonge sous un toit à la Mansart d'où ressortent trois lucarnes. Deux entrées latérales et cinq fenêtres s'ouvrent à droite sur la cour d'honneur. A gauche, on distingue une large porte d'entrée vitrée, une porte de service ainsi que deux fenêtres et finalement trois grandes portes cochères de remises ou de garage.

Tous les encadrements des portes et des fenêtres avec croisillons sont en pierres de taille moulurées excepté le cordon séparant le rez-de-chaussée de l'étage de la façade principale.

Derrière le château, s'étalent des jardins en terrasses parmi lesquels se trouve une piscine circulaire entourée d'arbres et alimentée par un jet d'eau. En contre-bas, une cascatelle déverse ses eaux dans un bassin au contour lobé.

Une ferme est bâtie à côté du château ; elle faisait partie de l'ensemble. Dans la cour de celle-ci s'avancent le choeur de l'ancienne chapelle seigneuriale ainsi que diverses annexes.

Il n'est pas sans intérêt de rappeler que la famille Jacob ou Jacquier, originaire de Saint-Mihiel au Duché de Bar en Lorraine, représentée par Nicolas Jacquier s'anoblit tout d'abord vers 1540 par le mariage de celui-ci avec Mariette de Boncourt issue d'une famille d'ancienne noblesse de la région de Verdun qui portait d'azur à la voile gonflée d'or attachée à une antenne de même.

Suivant un diplôme, accordé à Nancy, le 6 juillet 1624 par Henri, duc de Lorraine et de Bar, Pierre Jacquier, fils du précédent, fut en pleine possession de tous les privilèges de la noblesse, étant porteur des armes de Boncourt.

Le seigneur Laurent Jacquier, Maître de forge, petit-fils de Pierre, s'établit à Anthée en 1651, après avoir épousé Catherine Godart, fille du seigneur Maurice Godart, Maître de forge également.

Laurent Jacquier fut anobli par lettres patentes du 13 mars 1705, sous le règne de Philippe V, roi d'Espagne. On lui donna les armes ci-après : Armes : De sinople à deux lions d'argent, adossés et posés en sautoir, accompagnés en chef d'une étoile à six rais d'or ; couronne de comte. Cimier Le lion de l'écu naissant. Supports Deux griffons d'or.

Mais c'est surtout par l'illustre alliance de Jacques-Gabriel, fils du précédent , avec Marie-Isabelle-Catherine, née comtesse de Wignacourt, que le titre de baron fut accordé le 16 janvier 1726 par lettres patentes de l'empereur d'Autriche Charles VI. Le titre « de Rosée », nom d'une de ses terres, complète le nom de famille. Grands maîtres de forge, les barons de Jacquier de Rosée connurent des années de réelle prospérité tant que l'extraction de la houille ne fit pas déplacer les grosses industries vers le pays noir. C'est la raison pour laquelle le travail du fer fut abandonné à Anthée. Un descendant de la famille s'intéressa au travail du cuivre au lieu-dit « La Batterie ». Cette industrie n'eut qu'un temps et « La Batterie » fut ensuite transformée en moulin qu'actionnaient les eaux du Floyon. Dans la suite, un pressoir à huile fut installé en cet endroit. Plus tard, le bâtiment de « La Batterie » abrita une centrale électrique alimentant les villages d'Anthée et de Morville ainsi que le hameau de Miavoye en courant continu avant que ces localités soient toutes trois desservies en énergie électrique par la société « Esmalux » dénommée aujourd'hui « Unerg ». Peu avant la deuxième guerre mondiale, la centrale électrique d'Anthée fut aménagée en laiterie-beurrerie mais cette dernière cessa toute activité quelques années plus tard.

Les générations se succédant, la fortune des barons de Jacquier de Rosée 14 fut partagée entre leurs descendants et les dépréciations monétaires successives amenèrent le baron Gabriel de Jacquier de Rosée, dernier descendant direct de la famille, à vendre le château de la Forge quelques années avant la deuxième guerre mondiale pour se libérer des dépenses onéreuses qu'exigeaient la restauration des toitures et la modernisation intérieure des bâtiments. Il fut acheté par M. Paul Coppin, ingénieur, Directeur général des « Usines de la Providence ». Domicilié à Montigny-sur-Sambre, le nouveau propriétaire en fit sa seconde résidence. Après la guerre, M. Coppin vendit le château d'Anthée. Une congrégation religieuse, implantée en Flandre, faillit acquérir cette paisible demeure mais le Cardinal Van Roye se serait opposé, parait-il, au départ de cette communauté vers la Wallonie. Diverses tractations n'ayant pu aboutir, c'est « La Prévoyance Sociale » qui devint finalement propriétaire du Château de la Forge. L'intérieur de celui-ci subit de sérieuses transformations. Un home pour enfants y fut aménagé. C'est ainsi que chaque année, aux vacances de Pâques et d'été, une Jeunesse estudiantine de Flandre occidentale vient s'y reposer sous la conduite de membres du corps enseignant et de moniteurs dans le calme d'une région isolée des centres industriels où l'air pur abonde à quelques kilomètres de la Haute Meuse namuroise et de la non moins pittoresque vallée de la Molignée.

Jean COLLARD.

 

VALLEE DE LA MOLIGNEE

RETOUR A LA PROPRETE

Du 22 juin au 3 juillet 1981, 4 cantonniers du Service technique provincial ont retiré du lit de la Molignée entre SOSOYE et MAREDRET 15 camions en déchets de toutes sortes.

Le 4 juillet 81, 45 personnes formaient 3 groupes bien décidés à vaincre et à nettoyer la Vallée de la Molignée de ERMETON/SUR/BIERT à Anhée.

En cas d'accident, les comités de la CROIX ROUGE de DINANT et METTET avaient posté des équipes de secours.

Les cibistes de la région étaient de la partie. Les administrations communale de Anhée, Onhaye et Mettet avaient attaché à cette opération personnel et matériel.

Le 1e, groupe conduit par les membres du S.I. MOLIGNÉE-FLAVION et par Mgr LEGLISE, échevin de Mettet, a nettoyé le tronçon de Ermeton à Sosoye.

Le 2e groupe nettoya le tronçon allant de Falaën à Warnant après le coup d'envoi de l'échevin J. Thiange et sous la conduite du S.I. Onhaye.

Le 3e groupe démarra de Warnant et nettoya route et rivière de Warnant à Anhée. Ces généreux ramasseurs furent encouragés par les restaurateurs de la Vallée et furent aidés par R.P. Odon et Antoine de l'Abbaye de Maredsous.

Un curieux inventaire des choses ramassées étonnera tout le monde, à savoir : bidons plastiques, bouteilles à bière, à vin..., bouilloire, bassins, poutrelles, escaliers, fers, feuilles de plastique, emballages de cigarettes, de chips, de tous genres, planches, cataphotes, clapier, sacs à engrais, fils barbelés, câble, téléviseur, souches et branchages, ressorts de fauteuils et de lits, cadavres d'animaux sous plastique, sacs remplis d'immondices...

Force est de constater que le sens de la PROPRETÉ brille par son absence tant chez nos visiteurs que chez nos habitants ! Malgré les félicitations et les encouragements des automobilistes de passage.

La chasse aux pollueurs est ouverte et nous les pourchasserons.

Des sigles de propreté seront apposés aux entrées des communes et aux endroits névralgiques. Ils seront un rappel des devoirs de chacun.

Bravo et merci à nos équipes

Les Présidents des S.I. Anhée, Molignée-Flavion et Onhaye.

 

L 'EPURA TION TERTIAIRE

Cette épuration consiste en l'élimination des germes pathogènes et en l'élimination de certaines substances dissoutes, soit directement, soit indirectement toxiques.

L'épuration secondaire (Molignard n° 2 - 1981) n'a épuré que « grossièrement » et le liquide résultant contient, outre les germes pathogènes, des produits dissouts, communément appelés nutrients. Ces nutrients proviennent, dans l'ensemble, de l'activité humaine (origines agricoles, industrielles et domestiques). Pour l'instant, l'azote (N) et le phosphore (P) sont considérés comme les nutrients jouant le rôle le plus important. Dans certains cas, ils jouent un rôle de toxicité directe avec pour conséquence apparente la mort de la faune et de la flore aquatique ; dans d'autres cas, ils jouent un rôle identique par l'intervention complexe de phénomènes chimiques et biologiques (eutrophisation) avec pour conséquence apparente, la modification ou la mort de la faune et la transformation de la flore. C'est le cas de la Molignée. La mortalité des poissons n'est que ce qu'on voit ex abrupto (uniquement locale et accidentelle en Molignée), mais elle n'est qu'une minime course facilement délectable d'un trouble du milieu, d'une transformation d'un milieu.

Le phénomène d'eutrophisation (apparition intempestive d'algues au premier stade) est la conséquence directe de la présence en excès de nutrients dans la Molignée et cette eutrophisation conduit à une dégradation de la qualité de l'eau. Les conséquences en sont, du point de vue loisir, une modification négative des conditions hygiéniques (baignades), une eau qui perdu sa limpidité dans les calmes, la présence d'une abondance d'insectes nouveaux, et du point de vue utilisation, des problèmes de matières organiques solubles, un goût, une odeur, une corrosion accélérée, etc.

L'impact économique qu'entraîne la dégradation des eaux de récréation ou eur traitement en général est un souci des organismes responsables de la gestion des eaux. Notre Ministère de la

Santé Publique et de la Famille et des plus coopérants et des mieux avertis pour résoudre les problèmes, qui ne peuvent, d'ailleurs, être traités isolément.

A l'inverse des efforts du Ministère, une politique de clocher détruit ce qui nous reste de plus ou moins intacte : notre Vallée. Actuellement, les égouts, nouvellement collectés, coulent directement dans la rivière, bientôt ils passeront par des bassins d'épuration qui ne feront pas d'épuration tertiaire (ca n'a pas été prévu !).

Pourquoi donner à la population de la Vallée l'illusion d'une épuration, illusion qui coûte fort chère, compte tenu de la non finalité de cette future épuration rudimentaire qui aggravera une situation antérieure qui n'avait rien de dramatique et qui pouvait être modifiée positivement par les habitants eux-mêmes ?

A. MASURE.

 

Molignéye

Ele richeléye doûcètemint tot tchantant s' long rèfrin. 1

Ele s'aroke aus-astantches mais èle ni s' mwaîjit nin.

Si-t-êwe èst télemint fine qu'on s' veut dins on murwè.

Ele court au bwârd do l' vôye sins jamaîs s'arètè,

Grochîye pau ri d'Ayète èt l' richot d'Ermèton

Ele trèvautche li Mârtia d'vant d' ènn' alè pus Ion.

Arivéye à Molin, èle broke pa d'zos l' pontia

Et s' va piède o l' grande basse avou on richotia.

Qui vôriz awè d' mia qui nosse bèle Molignerîye

Avou tos sès catoùs, c'èst Ièye li pus djolîye,

Flavion èt Molignéye, c'èst deûs noms qui sont bias

Nos lès vèyans voltî trâderi tradèra.

Roger TABAREUX R.N.

An.yéye.

Richelè : ruisseler

Mârtia : Marteau (lieu-dit)

Molin : Moulins (lieu-dit)

Molignerîye : vallée de la Molignée.