1982 - N°
2


Editorial

LE TRAIN SIFFLERA-T-IL TROIS FOIS... ?

« Un chemin de fer touristique dans la vallée de la Molignée, un rêve ou une réalité ? »

« Le chemin de fer de la Molignée promis à une nouvelle exploitation touristique ! »

Voilà deux titres révélateurs soulignés récemment dans la presse. Il est vrai que le Bureau économique de la Province de Namur avait, il y a quelques années, rangé dans ses projets, une étude sur les possibilités de la mise en service d'un petit train touristique sur l'assise du chemin de fer de la Molignée.

Les choses en étaient restées /à jusqu'il y a quelques mois. Suite à un travail très fouillé réalisé par un jeune étudiant en tourisme, un groupe de personnes s'est résolument mis au travail. De nombreuses réunions se sont succédé. Des démarches entreprises avec enthousiasme et détermination ont ouvert beaucoup de portes. Les différentes autorités, plusieurs organismes dont l'appui est nécessaire ou souhaitable pour mener à bien une entreprise de pareille envergure ont manifesté de l'intérêt pour ces projets. Des budgets seraient disponibles et la voie serait remise en état à peu de frais !

Nous ne voulons, et ne pouvons, décourager personne en disant que la voie... est sans doute longue encore !

Et on ne peut nier que la réussite de ce projet aurait des retombées sans doute bénéfiques pour la vallée, et son tourisme.

La Fédération provinciale du Tourisme, la Haute Meuse dinantaise et les syndicats d’Initiative de la vallée ont d'ailleurs été intéressés à la réalisation de ce programme. Les réactions et les réponses ont été diverses, plus spontanées les unes que les autres.

Le Syndicat d’Initiative et de Tourisme de la vallée de la Molignée et du Flavion a tenu à suivre de près l'évolution de cette étude et de ces démarches, mais refuse la précipitation. Des précisions doivent encore être apportées, des engagements doivent être nets et sans équivoque. //ne peut être question de s'engager dans un tunnel.

Nous souhaitons néanmoins : « Bon vent... bon rail ».

P. HEBETTE

 

NOUVELLES DU SYNDICAT D"INITIATIVE ET DE TOURISME DE LA MOLIGNEE ET DU FLAVION - -

L'assemblée générale ordinaire a eu lieu à Flavion le 10 mars 1982 sous la présidence de Monsieur P. Hébette.

1. Les activités prévues en 1981 ont été presque toutes réalisées, à savoir :

-Le Molignard a paru trimestriellement ;

-les expositions au château-ferme de Falaën : le site de Montaigle et les métiers disparus ;

-les promenades guidées à Furnaux, Sommière et Falaën ;

-les concours « Monuments et Sites », « Photographies » et « Villages fleuris » ;

-l'opération « Propreté de la vallée » en collaboration avec les S.I. de Anhée et Onhaye ;

-l'excursion en autocar pour les annonceurs de Le Molignard et les membres du S.I.

2. Les comptes annuels se soldent avec un résultat positif de 37.485 F et sont approuvés.

3. Les projets 1982 sont nombreux

- publication trimestrielle de Le Molignard ;

- expositions au château-ferme de Falaën : site de Montaigle et faune et flore de la région ainsi que le travail du bois (Li Kinket) ; - une journée du cruciverbiste à laquelle sont invités tous ceux qui ont participé à la solution des mots croisés parus dans Le Molignard;

-un concours de photographies deux promenades pédestres guidées, la première à Ermeton-sur-Biert le 11 juillet, la seconde à Weillen le 8 août ;

- des promenades en car au départ de l'abbaye de Maredsous ; le thème : les châteaux-fermes, demeures seigneuriales ; un barbecue avec animation le 22 août ;

- une excursion en autocar pour les annonceurs et les membres du S.I. ;

- un combiné pour une journée dans la vallée de la Molignée.

4. Les budgets 1982 prévoient les moyens pour la réalisation des projets ; un résultat positif de 33.000 francs est prévu, somme qui pourra être éventuellement consacrée à d'autres réalisations au cours de cette année.

 

 

Recherches sur la dénomination des cours d'eau MOLIGNEE et FLAVION (suite)

Que de chemin parcouru dans les recherches sur la dénomination de la Molignée et du Flavion depuis 1265 jusqu'à la fin du XVIle siècle !

Les renseignements contenus dans des documents s'étalant sur plus de quatre siècles peuvent être résumés en trois points :

1 .la dénomination « Molignée » n'existe pas ;

2. le cours d'eau depuis Flavion jusque la Meuse est dénommé rieu ou ruisseau de Floyon ou de Flayon ;

3. le cours d'eau ayant sa source sur le territoire de Stave est un affluent du ruisseau de Floyon (le confluent est situé à Montaigle) et ne porte pas une unique dénomination ; elle varie de localité à localité.

Il a paru, au terme actuel des recherches, d'ouvrir deux parenthèses : la première sur la dénomination, Ploye ou Floie ; la seconde sur l'examen d'un document du XVIle siècle sur lequel sont délimités les droits de pêche depuis la source de la Behoude jusqu'à la Meuse.

6.La dénomination Floye ou Floie

La dénomination Floies est déjà mentionnée dans la charte de 1284 par laquelle Guy, marquis de Namur, et son épouse s'accordent avec Gilles de Berlaimont sur les droits des rivières de la terre de Faing1.

Le texte de la charte contenant la dénomination Floies, reproduit cidessous en agrandissement se lit : les rivières du Pont a Floies juskes au moulin à Flun...

L'adaptation en français moderne nous semble être : nous reconnaissons et nous voulons que les rivières (Ermeton et Flavion) depuis Pont à Floies jusqu'au moulin à Flun et jusqu'aux jardins de Sosoye demeurent au seigneur de Berlaimont...

Floies semble être un lieu-dit situé sur le cours d'eau.

Mais qu'était Pont ?

Pont était un fief relevant du château de Montaigle et tenu au début du XVIle siècle par l'abbaye de Moulins2 ; il était situé en amont des bâtiments du monastère et nous avons vu3 que l'abbaye avait obtenu le 19 novembre 1604 l'autorisation d'y construire une forge et un marteau.

Partons à la recherche de documents qui nous apporteront peut-être confirmation de l'assertion : Floie ou Floye est un toponyme.

En 1516, l'abbé de Moulins fait rapport et dénombrement du fief appelé « le petit fief de Hunay et de Chine » qui comprend notamment :

Item dernier Pont demi bonnier de terre joindant au bois de Floye et à l'enclos de Pont4.

Item encores ung bonnier de bois en Floye appellé le Try Nuart joindant aux aises de Hun d'ung costé et d'aultre aux preis de Hun et à Floyon5.

Ce bois au lieu-dit Floye est situé près de Pont.

En 1570, la cour de Montaigle enregistre une vente :

Ledit Maistre Baudhuin at de sa pure et libre volonteit transporteit par forme de pure et léal arrentement pour et au profit de Collart Thirionnet, résidant à Hornen, la vesture d'ung certain preit mouvant de ceste court gisant et scituez en ung lieu vulgairement nommez et appelleit Floye joindant à soleil levant scavoir vers l'abbaie de Mollin aux représentants Jehan le Cicgne, à nonne à Flayon, à septentrion aux ayses de Sallet sy long et sy large qu’il se contient en sesdits joindans6.

Le texte de cette déclaration ne peut prêter à confusion : Floye est bien la dénomination d'un' lieu.

En 1594, location de deux prés appartenant aux domaines : De Jehan Espallart auquel Messeigneurs de ceste chambre ont accordé deux petits preitz gisans en Floye dévoluz à Sa Majesté avecque aultres parts par le trepas du fils naturel dAndrieu Floriet dict le Ducquet. ..7.

Il appert de ce texte que Floye est un toponyme.

En 1607, visitation des cloz de la terre de Montaigle faicte par la haulte court le 19e de mars 1607 à la requête de Gérard Lambillon, Lieutenant Bailly8….

Item en Floye, endesoub le preyt aux Pierres en ung long preyt appartenant à Thiery Lardinois un passaige sans fils et mal cloz.

En 1663, dans le dénombrement des terres et prairies dépendant de la ferme Tournon (la petite ferme) à Sommière, on lit : premièrement une prairie dans le fond entre Haux (Haut-le-Wastia) et Sallé nomée Floye9.

Dans cette même liasse, on trouve un document du plus haut intérêt pour nos recherches : le croquis de mesurage des prés de la petite ferme de Hontoir dont celui dénommé Floye qui est reproduit ci-dessous.

On constate que ce pré dénommé Floye est limité au nord par Floyon ruisseau. On en conclut que Floye est la dénomination du lieu et Floyon celle du ruisseau, dénominations nettement distinctes.

En 1753, a lieu un mesurage des propriétés de la mairie d'Anhée, dont celles de Haut-le-Wastia :

Extrait du registre contenant tous les plans figuratifs de la mairye d'Anhée en conformité du mesurage fait par le géomètre François Viathour le 8 aoust 1753 auquel folio cent et six et suivans est escrit ce qui suit10 :

La petite cense de Haux appartenante à Mademoiselle Corbier de Dinant. La maison, brassine et verger contenants demi bonnier septante cinq verges….

un paschis à une herbe dans le fond de Floÿe contenant trois journaux soixante verges

un paschis au terne11 de Floÿe contenant un journal quarante quattre verges…

S'ensuivent les censes de Haux appartenantes audit seigneur marquis (de Spontin)

La grande cense labourée par Jacques de Saint-Hubert

Le verger d'au Strau contenant demy bonnier quarante trois verges un prez à une herbe dans le fond de Floÿe nommé le pré à la Fontaine contenant un bonnier demy soixante verges….

un paschis à une herbe situé sur le bailliage de Montaigle dans le fond de Floÿe payant cependant taille avec la mairye dAnhée contenant demy bonnier soixante six verges…

la 9me nommée le fond du bois de Foy contenant trois bonniers trois journaux septante deux verges...

S'ensuivent les pièces qui sont en commun aux deux censes de Haux appartenantes audit Seigneur Marquis…

un paschis à une herbe dans le fond de Floÿe nomé le Grand Pret contenant deux bonniers

un pret à une herbe nomé le Grand Pret de Floÿe situé sur le bailliage de Montaigle payant cependant taille avec la pairye d'Anhée contenant deux bonniers.

Les prairies citées sont situées sur le territoire de la seigneurie de Haut-le-Wastia qui est le territoire de l'actuelle localité du même nom. Les citations nombreuses prouvent que le lieu Floye est étendu car il comprend le fond de Floye dans la vallée du Floyon et le terne de Floye sur le versant de cette même vallée.

On a repris ici la dénomination « fonds du bois de Foy » qui est différente de celle de Floye. Ce bois existe encore de nos jours avec la même dénomination.

En 1784, les mayeur et échevins de la cour de justice de Haut-le-Wastia déclarent les biens appartenant à la communauté" parmi lesquels soixante bonniers de commune en bois nommé La Saute et Tienne de Floÿe dont les manans dudit Haut-le-Wastia en ont chacun une portion annuellement qui se tire au lot.

la cinquième et dernière partie des trieux dénommée Le terne de Floÿe.

En 1785, Frédéric Auguste Alexandre, duc de Beaufort et de Spontin, donne en location à Antoine Delhalle ses biens situés à Haut-le-Wastia13 parmi lesquels une campagne ditte al Champs contenant vingt-deux bonniers trois cent soixante six verges demi joignant vers l'orient au chemin de Floye,

deux verges appartenants au seigneur Duc et partie aux aisances de ce lieu, vers le midi au Sr Delhalle susd., vers l'occident partie au même et partie au bois à planter aud. seigneur et vers le nord partie aux aisances de Haut ditte le tienne de Floÿe et partie au Sr Delhalle,

En 1821, Jean Rousseau, propriétaire, domicilié à Moulins, remet à bail à Martin Joseph Baily, meunier au moulin de Floye, le moulin à farine de Moulins 14

Le 28 avril de la même année ont lieu les prisures (estimations de la valeur des meules, roues, etc.) du moulin de Moulins entre Jean Louis Rousseau, propriétaire, Henri Joseph Sandron, meunier sortant et Martin Joseph Baily, meunier entrant, domicilié à Floye, sous la dépendance de Haut-le-Wastia15.

Les temps actuels,

Point n'est besoin de recourir aux documents. En effet, Floye est encore couramment employé dans le parler local pour désigner l'endroit où se trouve le four à chaux sur la rive droite de la Molignée. La société qui l'exploitait portait la dénomination sociale-: Société anonyme des Carrières et Fours à chaux de Haut-le-Wastia et son adresse : Moulin de Floye, 5198 Anhée.

On disait d'un travailleur prestant ses services aux carrières il travaille à Floye ».

Mais l'expression phonétique de ce mot dans la langue locale est différente de la prononciation que pourrait en faire en français le lecteur du texte : oy de Floye ne se prononce pas comme oi de joie. Le o de Floye est fermé et mouillé. Ce son n'existe pas dans la langue française, mais bien dans la langue néerlandaise comme dans mooi. L'orthographe phonétique pourrait être Flô(i) . Sosoye se prononce de la même manière.

Conclusion : Floie ou Floye est un toponyme de la localité Haut-le-Wastia et n'est pas, à cet endroit, la dénomination d'un cours d'eau.

Par contre, Floie est la dénomination actuelle par les habitants de Stave et Biesmerée du cours d'eau qui traverse ces localités.

(à suivre)

G. DEREINE.

 

1 Le texte partie[ de cette charte a été reproduit dans Le Molignard, 1981 / 1, p. 14.

2 A.E.N., Domaines du comté de Namur, n° 104, f° 72.

3 Le Molignard, 1981/4, p. 5.

4 A.E.N., Domaines du comté de Namur, n° 104, f° 17v.

5 A.E.N., Domaines du comté de Namur, n' 104, f° 74v.

6 A. E. N., Echevinages Montaigle, f° 3, fos 77v et 78.

7 A. G. R., Chambre des Comptes, n' 10 621, f° 74v.

8 A.E.N., Echevinages Montaigle, n° 4, f° 15.

9 A.E.N., Fiefs et seigneuries, Hontoir, n° 6.

10 A.E.N., Communes ancien régime, Haut-le-Wastia, n° 1.

11 Terne est un terrain en pente, appelé parfois « hurée », qui est sec et stérile de sa nature. A.E.N., Enquêtes judiciaires du conseil provincial, n° 10 883.

12 A.E.N., Echevinages Haut-le-Wastia, n° 1, fos 23, et 24v.

13 A.E.N., Communes ancien régime, Haut-le-Wastia, n° 1.

14 A.E.N., Protocoles notariaux, n° 4793, acte du 2 février 1821.

15 Ibid., acte du 28 avril 1821.

      

QUAND NOS ALLANS AUX TCHA MPS AVOU NOS GATTES

Dj'a tcheû l'ôte fie sus on vî sosson. Dji pous dire on vî sosson pusqui, èchonne, nos avans sti aux tchamps avou nos gattes ! On z'a sû chaquint s'vôïe, mais ètur nos deux, les gattes sont comme li trait d'union, et quand on s'rescont', si raremint asteûr,, du n'vos dis qu'ca ! Rin di tél po fer one bonne camaraderie qui dure, qui d'awè mougnî èchonne li tchau dé l'vatche aradjîe, d'awè sti compagnons d'misère ! Dins nos cas, misère est quintfie on gros mot : nos mères fiaint des miraukes avou li p'tite djoûrnée do père et puis on z'avait deux gattes ! 1 gn'avait pus des gattes qui dins nos deux maujonnes ; tos l'zôtes astaint clèdjà montés en grade et djouaint au p'tit sincî Li gatte est « la vache du pauvre ». « 1 n'ont qui des gattes. » Quand on v'z'avait dit ca !

Après li scole, dji moinrnéf brostér Mes deux viès gattes. C'estéf si gaie di vôïe trotter Leûs chalées pattes. Elles estaint sètches et drôles, par conte Leûs bias ouïes vèttes Fiyennent rovi qui leû coirps di resconte Estaint chaïettes.

(Anonyme)

Bravès gattes.è n' n'a dj'bèvu di leû lassia ! Quand elles avaint ieû leûs gadots, c'estèf l'abondance : lassia à gogo, et qué lassia ! Bûre à volonté oï oï do bûre di gatte), do crau stofé, des galettes, des matoufeu, flamitches... Nos estaint ritches.

Li gatte, c'est bin « la vache du pauvre ». Qu'est-ce qui dj'dis ? Li gatte, mais elle est dé l'famile ; elle partage li vicadje des pôvès dgeins et elle est sognîe, miloutée, heûreuse avou zelles.

Nos avons todis ieu des gattes à l'maujonne. One scène qui dji n'rovierais jamais, c'est l'moirt di nos Bichette, one di nos meilleûs gattes. Elle avait todis bramin do mau d'awès ses gadots et c'côp-là, c'avait stî pire qui l'zôtes côps. Tote dismèblidgîe, on l'avait apoirté au culot di li stûve, sus one paillasse avou one couverte dissus s'dos. Li vî Collard, qu'astait one miette vitèrinaire, avait stî hutchî ; on li avait tapé di l'hôle d'Harlem, on l'avait frotté avou dé l'gotte. Après quarante ans, dji vès co les ouïes di nos'pôve Bichette et dj'èteinds co ses plaintes. Tote li famile brèyait autoû d'lèie...

Ossi, quand dji resconte on gamin, on vî homme, one vie commére ordant des gattes à l'haïe, dji n'sé passer iute, et i duvent'nu si d'mander ci qui c'grand storné-là a à tant r'wêti leûs gattes.

Les gattes, mi fi, les gattes, mes braves vis ! mais vos n'savoz nin ci qu'on grand auteûr a scrî :

« Les gattes, mais c'est toute la poésie de mon enfance. J'ai brouté avec les chèvres avec elles, j'ai rêvé ; comme elles, j'ai fait l'école buissonnière. Philosophe comme elles, j'ai pu dans la vie, sans me soucier de ma toilette, une tige de fleur en bouche, regarder du haut de mon ironique condescendance le bourgeois qui passait.

J'ai conduit les chèvres... à la haie ! C'est la consolation de ma vie ! et, sans le savoir, elles ont ajouté à mon caractère, ce qui lui manquait d'amour de la nature, de l'indépendance, du dilettantisme, de la poésie et du gracieux je m'en foutisme !

Gloire et reconnaissance à la chèvre ! »

Dji fais co bin causer les vis.

On djoû do mois d'aoust passé, pa one belle fin d'djournée d'esté, dj'a rescontré mi vî camarade Toinne. Li solia s'coutchait et on z'euche dit do costé d'Marlagne qui l'terre allait prinde feu. Toinne et ses deux gattes estaint à l'copette d'one urée et, di les vôïe comme ca è z'arrivant dissus z'elles, m'a riv'nu dins 1 ' mémoire one pitite pîce qui nos'maisse nos avait appris :

« Sur l'horizon en feu, leur profil se dessine... »

Quand dji publierais mes oeûv' complètes illustrées, ci tableau-là sèrait d'dins.

Et Toinne mi d'jait :

- Oï, dj'a commincî m'vie è z'allant aux tchamps avou les gattes et volà qui djè l'finis avou zelles. Et l'brave homme mi' racontait do timps passé, i m'causait di ses gattes, di totes ses gattes, passées et présintes, et dji vès tot d'suite qui dj'sos tcheû sus mi homme. 1 vè volti les gattes, li ossi !

- Non, Toinne, après les gattes i gn'a pu rin. Et dji lî récite li hoquet do grand auteûr :

« Oui, gloire et reconnaissance à la chèvre ! Hourrah au gadot ! Quelle vie et quelle variété

Voyez le gadot aux beaux yeux, à la tête si fine, au corps branlant et aux pattes déplorables !

Il saute en l'air : c'est un oiseau gracieux, vif, comique, allegretto. C'est un oiseau !

Il retombe : c'est un « monceau d'ouchats » avec des poils dessus. On se demande alors comment il pourra remettre ses pattes en place et se relever.

Plus lard, il deviendra chèvre ou bouc si vous n'y voyez pas d'inconvénients.

La chèvre, elle, est un animal si étonnant que « personne ne peut dire ! » Corps tiré de l'Apocalypse, pattes sclinboignes, poils bolchevisants, cou de gazelle, tête splendide, yeux de merveille. Oh ! ces yeux de chèvre !

L'homme qui n'a pas au fond de son coeur la vénération de la chèvre n'est pas digne, j'en ai l'intime conviction, de boire son lait ; l'homme qui n'aime pas la chèvre n'a ni coeur, ni poésie, ni esthétique : il ne sera jamais l'homme dans toute l'acception du mot. »

Dji n'sais nin si Toinne a bin compris tot, mais aspouïsus s'baston, il avait les lârmes aux ouies.

Quand nos allains aux tchamps avou nos gattes 1

« Qui n'est-ce-ti co li timps... »

Bias djoûs d'innoceince et d'insouciance ! Mais nos n'astains nin meilleû qui I'zôtes. Cet âge est sans pitié. Pôves gattes. Elles à n'n'ont vèyu di totes les coleûrs avou nos. On montait à tchfau d'sus, on les attèlait, on leû fiait fer des tours... Si bin qui I'moman clJait pa des côps après avvè modu à I'nait : « gna nos'gatte qui discré ». J'te crois. Elle n'avait fait qui couru tot l'après l'diner. On te menait, Bichette, pour brouter l'herbe fraîche, Mais, autant qu'au départ, tu redescendais sèche...

Po s'rattraper on les mettait co bin à maraude exprès dins one pîce di lizère, mais gare au champète ! Qué bourre qui n'n'avains ieu on djoû qui I'vî Mochin nos avait pris dins ses claves ; on n'rovie nin des savonnées pareilles.

Nos allains avou les gattes tote li campagne, mais c'est surtout dé I'difin des vacances qui dji m'sovins I'mia. 1 fait dèdjà frèd, les djoûs sont coû, des noirès nûlées galop'nu didins I'ciél, les fouilles tchaient'nu on seint l'hivièr. Avou nos gros sabots d'flamind et l'vî casaque di nos'pa qu'avait l'air dissus nos'dos d'on pardessus trop grand, on n'avait nin frèd, surtout qu'on n'dimèrait nin coutchî - ô non ! Ossi, si on z'allumait do feu, c'estait putôt par plaijî ; les gamins di tos les pays et di tos les timps ont todis voltî fait des p'tits fornias. On z'arratchait des sètchès couches dins l'haïe et avou one miette di strin et one pougnie di cruaus, on z'arrivait à fer dé l'fumée. On cujait des canadas qu'on mougnait cûs ou à mitant cûs assaisonnés di purnales et d'meûrs di tchein.

Et on dansait autou do feu en tchantant ci qu'on savait adon, des cantiques ou des tchansons d'conscrits.

 

Grand'mére, rintrez vos'gatte Vlà les sôdards, vlà les sôdards. Grand'mére, rintrez vos'gatte, Là les sôdards qui vont passer.

L'avait longtimps qui fiait noir quand,on rintrait et du n'vos dis qu'ça on fiait danser I'poain et les canadas.

« La chèvre est la vache du pauvre. » N'est-ce nin po ça qui bramin des dgeins n'ont pon d'gattes ? Po n'in passer po pôves. Enfin, i duv'réf avvè pus d'gattes qui ça dins nos'pays. Les méd'cins nos dient'nu qu'elles ni sont jamais tuberculeûses et qu'on z'a chapé des milles d'èfants avou l'lassia t'chôd modu des bravès gattes. Allons, mes amis, achetez rat'mint one gatte ou deux, dji teirais I'boc si faut ! Vos auros do lassia tote l'année (cinq cents lites par gatte si vos tchèyos bin) et cinq ou chix gadots po z'amuser vos èfants et vos fer one bosse di timps in timps avou one bonne cassorelée.

Si mi p'tit boquet vos a fait sorire one miette, dji sos contint. Mais dji sèréf co bin pus contint si dj'savais qui ça donnerait à onque ou l'ôte l'idée di s'mette à t'nu des gattes.

Vivent les gattes

Extrait de «Au Culot do Feu ». Contes wallons de E. GILLAIN parus aux Ed. Duculot de Gembloux vers les années 1925.

 

Où la nature est demeurée ce qu'elle était_

Vallêe  de la Molignée

Il n'est pas un village si perdu, si isolé du Condroz ou de l'Entre- Sa mbre-etMeuse où l'on ne connaisse la Molignée, où on l'aime, où l'on ne sente qu'elle intéresse tous les coeurs.

De Stave à Moulin, elle dessine des courbes, des criques, des crochets encadrés d'une succession de crêtes aux escarpements de grandes roches. Les échos répètent les noms pittoresques des villages qu'elle traverse : ces villages vivant dans la paix, la tranquillité et l'air pur. Elle étale une eau cristalline, une eau vivante qui sautille au pied des rochers, caresse les petits cailloux polis, file en se jouant sous les noisetiers et les saules couverts de chatons, se tortille au pied des collines boisées qu'elle enlace de son ruban d'argent, clapote de cascatelles en cascatelles pour reprendre son calme enchanteur, comme en flânant entre les berges.

La rivière, par clair soleil, est belle d'une beauté touchante qui attire d'innombrables libellules qui mettent dans ce murmure des lueurs zigzagantes. Leurs ailes diaphanes sèment comme des poussières de diamant et effleurent parfois l'eau chantante d'une caresse presque invisible ou reposent finement corsetées sur les nénuphars. Vers le soir, une légion d'éphémères nous amusent de leur danse effrénée et sautillante, accompagnée du chant nostalgique des grillons...

Elle s'est creusée, au plus épais de la végétation forestière, une cuve dont les bords abrupts et escarpés encerclent l'entonnoir. Elle erre, ourlée de roseaux, par les prairies ensoleillées, elle bouillonne à l'ombre des bois, les rares villages qu'elle traverse, les roues hydrauliques qu'elle actionne n'altèrent en rien sa beauté vierge. Les vieux murs dans lesquels joue le soleil ; la couleur des maisons villageoises, leur architecture s'harmonisent avec un tel milieu.

Tout à coup, d'un de ses capricieux replis, la rivière enlace une riche abbaye couronnée de deux imposants clochers : c'est Maredsous ! Sur un vaste plateau se détache cette construction silencieuse et animée à la fois. Puis par un caprice irrésistible, elle passe sous un vieux pont, tout constellé de mousse. Elle glougloute paisiblement, séparant de sa longue traînée miroitante, la vieille église romantique de Sosoye, de la grosse roche à la tête de sphinx. A droite, à gauche, en amont, en aval, les roches s'étagent, s'escarpent, dressent un prodigieux plateau, au sommet duquel l'on découvre les collines verdoyantes et boisées de la vallée de la Meuse. Un rocher en surplomb, dont les profils écornés et grimacants évoquent, sous les rayons du soleil couchant, les féeries des animalités fabuleuses, impose son énorme masse. C'est là, au fond et abrité de tous les vents, que se blottit le petit village de Sosoye, perle de la Molignée, lieu aimé des peintres, des poètes et des touristes... Il est vrai que l'on se croirait dans l'atmosphère helvétique, c'est la petite suisse belge.

Le long de ses rives resserrées, déchiquetées, çà et là, de roches calcaires, on devine de ténèbres excavations « Les trous des Nutons », les cavernes préhistoriques de Falaën que dominent les ruines démantelées du vieux Castel de Montaigle, perché comme un nid d'aigles au sommet des collines rocailleuses.

La nature est demeurée ce qu'elle était jadis, au temps des ancêtres et le décor que nous aimons aujourd'hui était celui qui les entourait. Et le vent qui balaie à présent la claire vallée emporte les parfums des fleurs d'autrefois.

Enfin, elle s'en va, la petite rivière, elle suit la route inévitable qui la conduit au fond de la vallée et va se mourir sous un pont de pierres moussues dans la Meuse puissante et bonne.

 

ESSAIS SUR UNE ÉTYMOLOGIE

FLAVION : LA RUE DU FAUX

Depuis trop peu de temps, nous avons élu domicile dans la région.

Déracinés de la ville, notre premier souci fui de nous incorporer à ce nouvel environnement. L'environnement c'est d'abord les gens qui vous entourent mais ensuite les lieux et la tradition qui s'y rattache.

Une de nos premières questions fut : FAUX ? : d'où ce nom peut-il bien provenir ?

De faux = contraire de vrai ?

De faux = outil agricole = faucher ?

Il nous est venu à l'idée de feuilleter le « Dictionnaire Etymologique de la Langue Wallonne » par Ch. Grangagnage (Edit. Oudart, Liège 1845 et J. Desoer, Liège 1850).

Nous y avons trouvé le verbe FAUDER (ancienne orthographe FAULDER) = faire du charbon de bois.

En dialecte namurois, on dit FAUDEUS = charbonnier. De même FAUDE ou FAULDE = fosse où se fait le charbon.

D'après Hecart (auteur du dictionnaire Rouchi-Français - 1834), le charbon de bois se nommait le charbon de FAUX et on y trouverait le primitif dans le Rouchi FAU (en liégeois FAWE) = hêtre.

Nos vieux disaient sans doute à l'occasion : « On sent l'gout d'fumée d'faude ; vos diriez ki-n-y a one saquoi ki faudée ».

 

Par extension

FRAWENAI = coke = charbon de terre dégagé de ses substances fluides et gazeuses.

FRAWIANT = brillant, resplendissant, éclatant, comme ce qui brûle. FRAWIN = objet brûlé. FRAWIN tout objet qui est ou paraît être le résultat de la combustion, qui est semblable à de la suie.

FROUCHIN poussière de houille. FRAHENAIZ menu charbon de terre, moins gros que la houille.

En résumé, tout ce vieux vocabulaire peut nous faire supposer que les lieux dénommés FAUX dans nos régions proviendraient de vastes étendues plantées de hêtres qui auraient été réduits en charbons de bois - dans quel but ?

Mais tout simplement pour fondre le minerai de fer exploité sur place par nos ancêtres les Gaulois. (Pas si bêtes que ça nos aiëuls, colonisés par les Romains !)

Et c'est sans doute aussi le dieu Vulcain qui insuffla l'idée au Comité des Fêtes de la localité à installer, sans le savoir, son Grand'Feu, tout en haut de la rue du FAUX - renouant ainsi avec les usages de nos anciens métallurgistes

R. D.

 

TROISIÈME ÂGE

Mélodie

A tous les Trois fois 20

Paroles et musique de J. ADELAIRE

1. Lorsqu'on atteint le troisième àge,

On rejoint les trois fois vingt ans

Mais on entre dans le sillage,

De tous les meilleurs vétérans.

On peut y trouver son bien-être

En y rencontrant ses amis,

Où chacun doit sentir renaître,

L'amitié qui nous réunit.

2. On se rappelle sa jeunesse,

Revivant ses plus beaux moments ;

C'est bien mieux que penser « Vieillesse »

 Et tout ce qui marque le temps

Prenons la vie dans un sourire

Sans un seul souci pour demain

La franche gaieté nous inspire,

Pour continuer le chemin.

3. Quand on se revoit dans l'année,

Chacun de nous est bienheureux

Le goûter ou la randonnée

Remet de l'éclat dans nos yeux.

Puissions-nous très longtemps encore

Ne pas sentir le poids des ans,

Et peut-être jusqu'à l'aurore,

Du jour où nous aurons cent ans.

 

LES CARRIÈRES DE DENÉE

Une meilleure attention accordée aux richesses économiques de notre Wallonie a amené, récemment encore, les responsables régionaux à reconsidérer le potentiel d'exploitation de notre sous-sol, c'est-à-dire les roches (pierres et marbres) et les carrières où on les extrait.

S'il fut une région riche en pierres à bâtir et en marbres, c'est bien celle de l'Entre- Sa mbre-et- M eu se. Au coeur de ce pays, Denée apparaît comme une sorte de musée de plein air révélant aux yeux attentifs un passé riche en carrières de marbre noir et en carrières de petit granit. En parcourant le village, on voit apparaître ça et là des trous et des monticules garnis d'une végétation arbustive qui jette une note de verdure un peu insolite dans le paysage des champs cultivés.

Alors que des témoins de ce passé -à l'époque où la carrière fournissait le travail à presque tout le village vivent encore à l'heure actuelle, il nous a semblé intéressant de rassembler les souvenirs et de situer Denée à la place que ce modeste village a occupée dans l'histoire de l'industrie extractive de notre pays.

 

1.D'où proviennent les pierres et les marbres ?

Les pierres à bâtir, et particulièrement le petit granit, révèlent bien à l'observation leur origine marine. Elles laissent apercevoir des animalcules dont le dessin blanchâtre fait penser à des fleurs. Cette pierre qui chez nous porte le nom de « pierre bleue » (nous dirions « de teinte gris bleu ») recèle en quantités considérables, de petits fossiles aux dimensions le plus souvent microscopiques, enrobés dans une pâte calcaire. Ces fossiles, dont la plupart sont des crinoïdes ou encrines, se sont accumulés au fond de la mer qui recouvrait notre région et une bonne partie de la Belgique, il y a environ 340 millions d'années. Les débris se sont lentement pétrifiés sous forme de couches rocheuses d'abord horizontales. Des mouvements ultérieurs de la croûte terrestre ont provoqué d'énormes plissements de ces couches qui apparaissent maintenant en affleurements et notamment à l'endroit des carrières. Leur position est plus ou moins oblique, voire même très oblique comme dans la carrière M.P.G. de Denée.

« Quant au marbre noir, il s'est formé et plissé selon un processus analogue à partir d'une vase noirâtre, très riche en matières organiques ; son grain fort fin le rend susceptible d'un beau poli. Autrefois on l'employait pour les carrelages ; les bancs parfaitement noirs et sans défaut portaient-le nom de « pendulaires » et servaient à fabriquer des pendules ou des cheminées' ». Pierres et marbres de Denée appartiennent au groupe des plus vieux terrains connus de notre écorce terrestre. Les savants géologues ont emprunté les noms des localités proches de chez nous pour identifier dans le monde entier les roches de la même composition qu'on peut également y rencontrer. Ainsi, par exemple, on parlera d'étage Dinantien, de calcaires d'Yvoir, de calschistes de Maredsous... En termes géologiques le marbre noir est une roche « viséenne » et le marbre noir de Denée appartient à l'étage du Viséen inférieur. La pierre de taille de Denée, appelée faussement « petit granit » est une roche du Tournaisien supérieur, c'est-à-dire, comme nous l'énoncions plus haut, un calcaire à crinoïdes, ces petits fossiles qui permettent de regrouper ensemble calcaires de Denée, d'Yvoir, des Ecaussines et de Landelies.

Pour préciser au départ, en ce qui concerne « petit granit » et marbre noir, ces deux roches se sont constituées de même manière, leur différence vient du grain plus fin qu'offre le marbre qui, comme nous le savons, permet un poli très lisse et brillant.

2. Localisation des carrières à Denée

La carte géologique n' 65 de la région Biesmerée-Mettet permet de localiser les affleurements à la fois du petit granit et du marbre noir, lis sont nettement localisables selon une bande de direction Est-Ouest traversant le village de part en part sur sa médiane horizontale : bande étroite pour le petit-granit et, longeant celle-ci, bande plus large pour le marbre noir dont l'étendue d'exploitation englobe à la fois les abords de la rue de Maredret, de la rue d'Ermeton, de la route de Maredsous et de toute la rue de Maharenne.

Avant la guerre 1914-18, à l'époque où l'extraction du marbre noir avait encore lieu dans plusieurs carrières, on pouvait localiser environ 35 endroits où des carrières avaient existé dans le passé et où certaines (quatorze) étaient toujours en activité.

Sur la base des témoignages recueillis, nous pouvons faire état à cette époque de l'existence, à Denée de ces quatorze carrières et les localiser de la manière suivante.

Situation entre les années 1910 et 1914

a. Marbre noir

-Carrière Demanet et Cie : en activité jusque vers 1923, rue de Maredret. Elle est peu visible dans l'état actuel.

-Carrière Meurisse : existait encore en 1921, rue de Maredret. Toujours visible près de la propriété de Monsieur Jean Arte. Elle était d'une grande profondeur,

- Carrière du Cerisier, dans la propriété de Monsieur de Montpellier, Elle n'était plus en activité après la guerre 1914-18. Recouverte de 28 végétation, elle n'est plus guère visible à l'heure actuelle.

- Carrière des Neuf Bonniers. Existait en 1898, mais plus après la guerre. Elle apparaît au bas du Tienne des Faux.

- Falige Gilles et carrière Minet, non loin de la route de Maredsous, en contrebas. Une étendue d'eau signale l'endroit.

- Carrière du baron de Floriffoux. L'exploitation y a continué un an environ après la guerre -1914-1918. Au milieu des terres agricoles, dans le prolongement à gauche, de la rue du Maharenne, non loin du bois.

- Carrière Anselme (?), près de la rue de Maharenne ; non entièrement remblayée. Monticule de débris de l'autre côté du chemin. Cessation vers 1915.

- Carrière Cordier, rue de Furnaux. Toujours visible. Etait encore exploitée après la guerre 1914-18.

- Falige Piette. Au bout de la route d'Ermeton, près de la carrière M.P.G. N'existait plus après la guerre 1914-18.

b. Petit granit

-Carrière Mutsart (?), visible au bout de la rue de Maharenne, au lieu-dit « Sus les Beguènes » ; n'était plus en activité après 1918.

- Carrière Pirmez. Les ruines de ses bâtiments d'exploitation sont toujours visibles rue de Maharenne. L'activité avait également cessé après 1918.

- La Denéenne, près de la carrière M.P.G., rue d'Ermeton. N'existait plus à cette époque.

-Carrière M.P.G., la seule à être toujours en activité.

Il semblerait donc que l'on puisse dénombrer 14 carrières en activité, pendant les quelques années qui précèdent la guerre 1914-1918. Quelques unes ont survécu au début de cette guerre, Puis avec beaucoup d'autres,

elles ont dû stopper le travail d'exploitation. Il en restait encore cinq ou six, mais en 1927 elles avaient presque complètement disparu. Une seule carrière (de petit granit) existe encore à l'heure actuelle. Elle exploite un calcaire exceptionnellement épais qui donne une pierre de belle qualité.

Dans un prochain article, nous donnerons un aperçu historique de l'exploitation proprement dite et nous dirons quelques mots de celle qu'on peut voir actuellement dotée des moyens techniques qu'apporte le progrès.

Nous remercions tout particulièrement Dom Gisbert Ghysens de l'abbaye de Maredsous, Messieurs Fernand Moreau, Joseph Bodart, Arthur Meunier, Maurice Gaux et Clément Devvez pour l'amabilité avec laquelle ils nous ont aidé au cours de ce travail.

Robert DELESCAILLE.

 

1 Dom Gisbert Ghysens. Maredsous. « La pierre, de la carrière au mur. » (Le Molignard, juillet 1973, n° 2).

Notes

 

1 .Falige était le mot utilisé pour désigner une carrière.

2. L'orthographe de certains noms propres appelle fatalement quelques réserves. D'autre part, ces noms de propriétaires ou d'exploitants de carrière ont parfois changé, durant cette période étudiée. L'histoire des carrières de Denée ne peut évidemment se contenter d'un si court travail.

3. Nous nous sommes volontairement limité au territoire de Denée. Bien des communes plus ou moins proches ont également apporté leur quote-part, dans l'industrie des carrières de l'Entre- Sambre-et-Meuse ; elles méritent également des études particulières.