1982 - N° 3 - AOUT - SEPTEMBRE - OCTOBRE


Li onze di julèt' 1982

Li vil Somêre

Dji d'vise voltî do bon vî timps

Et gn-a mwints sôtes qu'on n' rovîye nin.

On sondje aus maujons di s' viladje

On r'veut lès pîsintes, lès visadjes.

Dj'aî bin conu l' yute da Pèrcot

Avou l' grande fosse qu'èsteûve asto.

Dispû adon, on-z-a bâti

On p'tit viladje vêla su l' tri,

Gn'aveut pont d'élèctricitè

A l' chîje, on-z-alumeut l' quinquèt.

On-z-ètindeut l' mârtchand d' pètrole

Qui passeûve avou s' grande câriole.

A l' dicauce, li p'tit toûrniquèt

Toûrneûve avou on blanc ponè.

 Chaque maujon aveut s'-t-ansègrîy

Avou s' bigau èt s' puwanterîye.

I gn-a pus rin d' tot ca asteûre

Qui dès grands batchs avou dès fleûrs.

Li vî Somêre èst rabiazi

Et ca nos fait rudemint plaîji.

Roger TABAREUX R.N.

An.yéye

 

Editorial

E C 0 L 0 G I E...

Un samedi de juillet, c'était jour d'inauguration pour Li Kinket de Onhaye, je me suis pris à rêver dans les salles du Château-Ferme de Falaën en écoutant la présidente de ce Cercle bien actif, présenter le thème de l'exposition qui s'y ouvrait sur le bois, tout à côté et comme en complément de celle consacrée à la Faune et à la Flore locales inaugurée précédemment par le Syndicat d'Initiative et de Tourisme de la Vallée de la Molignée et du Flavion. Je me sentais à l'école et je vivais une leçon d'écologie.

Sur mon tableau imaginaire, je lisais : « observer notre milieu, essayer de le comprendre, vouloir le respecter, s'employer à le construire, s'évertuer à le faire chanter ».

En fond sonore de ma rêverie, Madame Lefebvre illustrait par des phrases qui lui venaient du coeur, ces règles d'or de l'éducation écologique.

Observer notre milieu : « Il faut aimer ces matières en elles-mêmes, ces merveilles que la nature nous offre, ces arbres, ces plantes, ces couleurs qui enchantent nos yeux ».. .

Le comprendre : « Mais il faut aimer aussi ces mains qui la façonnent, ces mains par où passe toute la sensibilité d'un être, ces mains qui cherchent à exprimer le beau, la perfection, la vérité, l'harmonie. C'est cette recherche d'un côté, cette admiration et compréhension de l'autre qui font ce qu'on appelle la vie culturelle d'un groupe... Une vie culturelle ce n'est rien d'autre que de découvrir ensemble le Beau, s'émouvoir ensemble en face de ce qui nous entoure... »

Le construire : « C'est aussi découvrir ensemble ce que chacun a en soi- même de capacité de sentir, d'admirer, mais aussi de créer à son tour.. »

Le faire chanter: « Je vous invite à regarder ces outils maniés en tout temps par des mains habiles, à écouter ces instruments qui font chanter le bois. »  Merci Madame Lefebvre de nous avoir fait saisir que l'écologie ne s'adressait pas seulement aux choses, mais aussi aux personnes, que l'écologie n'était pas uniquement matérielle, mais aussi spirituelle.

 

Pierre HEBETTE.

 

Recherches sur la dénomination des cours d’eau MOLIGNEE et FLAVION (suite)

On a vu1 que Floye est un toponyme de la localité de Haut-le-Wastia.

Un second volet de la première parenthèse (la dénomination Floye ou Floie) des présentes recherches sur la dénomination des cours d'eau Molignée et Flavion est consacré à l'appellation « Floie » donnée au cours d'eau arrosant les localités Stave et Biesmerée.

Lorsqu'on interroge les habitants de ces localités sur la dénomination de la rivière, on obtient invariablement la même réponse : La Floie (le oi se prononce comme dans loi, foi) et sur la demande de l'origine de cette dénomination, on reçoit la réponse tout aussi invariable : je l'ai appris à l'école ou l'instituteur du village nous l'a enseigné.

Ainsi, les témoignages sont concordants : la dénomination « La Floie » est une dénomination savante ou livresque et n'est pas populaire, c'està-dire qu'elle ne trouve pas son origine dans la tradition orale.

Mais quelle est la source ou les sources de l'instituteur qui est à l'origine de cette appellation ?

Il ne peut faire guère de doute sur la réponse : le texte du Chanoine C.G. Roland, Toponymie namuroise, parue dans les Annales de la Société archéologique de Namur, t. XXIII (1899) ; 653 pp.

 

1 Le Molignard, 1982/2, pp. 4-7.

 

Il écrit, p. 113 et suivantes

 

FLENA

 

Flena est le nom du village de Furnaux en 1161 (Analectes, t. IV, p. 407). Il doit être emprunté au ruisseau qui arrose la localité.

Ce qui confirme cette conjecture, c'est la forme Flenau, qui est aussi employée pour désigner Furnaux. Voir Annales Nam. t. V, p. 448 et Charte de 1220 dans le Cartul. de la collégiale de Fosses, foi. 72, On sait, en effet, que plusieurs cours d'eau ont transmis leur nom à des localités en le revêtant du suffixe -au. C'est ce que nous pouvons constater dans Ernau (Yernawe), Ledernau (Lierneux), Orthau (Ortho), qui dérivent de Erna, I'Yerne, Lederna, La Lienne, Orta, l'Ourte.

Flena nous paraît être une contraction de Fledena, résultant de la chute de la consonne médiane. Le vocable Fledena n'est pas inconnu dans l'onastique fluviale : il désigne, en 870, la Flieden, affluent de la Fulda en Allemagne (Oesterley, Hist.-géogr. Wörterbuch des deutschen Mittelalters, p. 181).

Le nom actuel de notre ruisseau est la Floye, forme romane déjà connue en 1284 sous la graphie Floies (de Reiffenberg, Monuments, t. 1, p. 199). Il prend sa source au N.-O. de Florennes, arrose Stave, Biesmerée, Furnaux, Ermeton-sur-Biert et Sosoye, et se réunit au Floyon ou Flavion au hameau de Foy-Marteau (Falaën) pour former la Molignée, qui va se perdre dans la Meuse au hameau de Moulins, commune de Warnant.

La Floye tend à perdre son nom. Plus communément on lui substitue les appellations banales de ruisseau de Stave, de Biesmerée, d'Ermeton.

La Molignée est une dénomination relativement moderne, tirée du hameau de Moulins, en roman-wallon Molin, situé à son embouchure. La charte de 1284, mentionnée ci-dessus, l'appelle la Floies, formée de l'Ermeton et du Flavion, deux bras qu'elle comprend sous le terme générique de rivières de Faym ou Foy, parce qu'elles arrosent l'ancien bailliage de Foy-Montaigle. D'où nous concluons que primitivement le nom de Flena ou Floye s'appliquait à tout le ruisseau depuis sa source jusqu'à son embouchure dans la Meuse, et qu'ainsi le Floyon était considéré comme un affluent de la Floye, dont il est d'ailleurs le diminutif. Plus tard, c'est le Floyon qui transmet son nom à la Molignée. Nous savons, par exemple, que Pierre de Flandre, qui fut abbé de Moulins, de 1534 à 1556, remet en fief du château de Beauraing des terres sises à Moulins près du « rieu de Floyon » (Reg. féod. de Beauraing, ler vol.). En 1608, les Archiducs accordent à un Chaboteaux plusieurs coups d'eau sur le « riu de Floyon » depuis le village de Weillen jusqu'à la Meuse (Borgnet, Chartes namuroises à Lille, n'O 467). En 1635, la Molignée n'est encore que le « du des Moulins » (Ibid., n° 581). A quelle date a-t-on commencé à faire usage du nom de Molignée ? Nous n'avons découvert aucun document qui puisse nous aider à résoudre la question.

Remarquons-le bien, Floye ne se déduit pas philologiquement de Fledena, mais bien du radical Fleda, dépouillé de son suffixe (comparez fides = foi, seta = soie, preda = proie.), particularité qui n'est pas étrange en toponymie. Isara et Isona ont perdu leur suffixe pour devenir l'Oise en France et l'Ise en Allemagne. Suma, qui désigne le village de Somme-Leuze au Xie siècle, est le radical de Sumina, Suminara, nom du ruisseau qui arrose cette localité.

De Reiffenberg (Monuments, t. 1, p. 655) et Grandgagnage (Mémoire, p. 124) ont confondu à tort l'Ermenton, rivière de Foy, avec l'Hermeton ou la Grande-Eau, qui coule en dehors de l'ancienne terre de Faing ou Foy.

L'Hermeton ou la Grande-Eau prend sa source au sud de Samart, passe à Neuville, à Sautour, à Sart-en-Fagne, à Vodelée, à Soulme et se jette dans la Meuse à Hermeton-su r- Meuse.

Voilà encore un cours d'eau qui a certainement perdu sa dénomination primitive. Est-il encore possible de la découvrir ? Nous allions répondre par une négation ou par un doute, quand, après avoir écrit les lignes qui précèdent, nous avons eu la bonne fortune de dénicher l'appellation que cette rivière recevait de nos ancêtres au XlVe siècle. Cette découverte nous met sur la piste de la dénomination primitive et, chose curieuse, cette dénomination primitive ne peut être que Flena.

Nous ne serons pas surpris de rencontrer deux affluents de gauche de la Meuse du nom de Flena, quand nous aurons reconnu quatre affluents de droite du nom de Hoius ou Huia, et quand déjà nous avons découvert quatre Bebrona tributaires de la Sambre.

Quel est le nom de l'Hermeton au XlVe siècle ? Il nous est révélé par une charte de 1396 du Cartulaire de Waulsort (t. 1, fol. 233) sous la graphie romane : le riu de Flenaulh. Dans ce vocable, nous distinguons le radical Flena, revêtu du suffixe roman -aul, une des variantes multiples de -eal, ial, -eaul, -eau, correspondant au latin ellus, qui d'ordinaire a une valeur diminutive. Or il est établi que plusieurs noms de cours d'eau n'ont reçu leur forme primitive qu'au moyen âge. M. Kurth nous cite le Houyoux, la Masblette, la Marchette, l'Amiette, l'Ailette (Frontière linguistique, t. 11, p. 98). Nous pouvons ajouter la Biesmelle, qui, avons-nous vu, se nommait primitivement Bebrona, et la Chinelle, autrefois Sinna, un affluent de notre Hermeton dont nous allons nous occuper. Nous pouvons donc affirmer, sans témérité, que Fiena est bien l'ancienne dénomination du ruisseau appelé aujourd'hui l'Hermeton ou la GrandeEau.

Quant à l'étymologie du vocable Fledena, Flena, il nous semble qu'on peut rattacher le radical FLED à cette classe nombreuse de mots caractérisés par le groupe FL., indiquant le mouvement de l'air ou d'un liquide, comme en latin flare, souffler, fluere, couler, flere, pleurer, en allemand fliessen, en néerlandais vlieten, couler. On peut lui comparer Flona, la Flône, affluent de la Meuse à Flône (Liège), mentionné en 1091 (Evrard, Documents de l'abbaye de Flône, p. 12) et dérivé probablement d'un primitif Flodena. Voir p. 96.

Notre Flena doit être apparenté à Flun, ancien moulin situé sur la commune de Weillen et alimenté par le Floyon. Il en est fait mention dans les documents sous les graphies suivantes : Fluns, 1085 (Analectes, t. XVI, p. 13), Fluen, 1259 (Barbier, Floreffe, t. 11, p. 120), muelen à Flun, 1284 (de Reiffenberg, Monuments, t. 1, p. 179).

A rapprocher de Flena : la Fline ou la Flisme, ruisselet et hameau de la commune d'Andenne (Lahaye, Cartul. d'Andenneé, t. 11, p. 73, 225) et la Flemme, affluents du Houyoux, arrosant Jallet : juxta rivum dictum Flemme (Poncelet, Fiefs de Liège sous A. de la Marck, p. 154). On peut ramener ces deux appellatifs à un primitif Fledena, Flena. Voit Biesme issu de Brebona.

Le texte ici reproduit intégralement sera analysé dans le prochain numéro de Le Molignard.

A suivre

G. DEREINE.

 

VIEILLE FERME DE HERLEM a ONHAYE

A mi-distance sur le chemin de Weillen à Dinant, le promeneur peut voir deux constructions assez voisines, ce sont les fermes de Herlem et de Chestruvin.

Aujourd'hui, nous nous approchons principalement d'Herlem et nous n'y verrons d'abord que de vulgaires dépendances d'une ferme. Pénétrons dans l'intérieur de la basse-cour, et l'aspect change. Nous nous trouvons alors en présence d'un genre de construction sans doute unique aujourd'hui dans la province de Namur et qui nous semble digne d'être signalé d'une manière spéciale aux amateurs d'archéologie.

Ce bâtiment fut probablement construit au début du XlVe siècle. En façade du bâtiment, on trouve des portes ogivales de la forme dite en tiers-point fréquemment employée à cette époque. On avait laissé le moins d'ouverture possible afin d'être plus en sécurité, mais on ne trouve pas ici de traces d'un château-fort proprement dit. La destination d'une pareille construction aurait probablement servi de manoir au seigneur de Chestruvin (du fait que Herlem = heer heim : demeure de seigneur et que Herlem n'était pas un fief, mais un franc-alleu dépendant de la terre de Chestruvin).

Nous retrouvons régulièrement des traces de Herlem, notamment en juillet 1505 quand Jean de Hontoir reçut de son père, à l'occasion de son mariage la terre de Herlem. Les successions et les ventes ont fait que Herlem passa dans de nombreuses mains, pour passer en 1788 à la famille de Halloy de Maurenne.

Aujourd'hui cette propriété appartient à la famille de Jomblinne de Meuse 'tSerstevens.

Gérard COX - Onhaye.

 

 

STACHE et le moulin banal de Biesmerée

On a vu1 que les habitants de la seigneurie de Biesmerée étaient tenus, sauf cas expressément spécifiés, d'aller faire moudre leurs céréales au moulin à farine du seigneur foncier du lieu.

Un document2 nous apprend que les habitants de Stache étaient également soumis à la banalité du moulin de Biesmerée : pour mettre amiablement fin à un long procès dispendieux, honorable Simon Gobart, seigneur de Biesmerée, et honneste Jean Grégoire, seigneur de Stache, concluent un accord en date du 9 mars 1609 par lequel ce dernier at confessé comme aussi at Philippe, fil dudit Grégoire, illecq présent, d'estre tenus moulre la moulnée domesticque dudit Stache audit mollin de Bermerée comme les aultres mannans et surcéans d'icelui dit lieu de Bermerée et dépendances.

Stache à l'époque moderne est hameau de la localité Ermeton-sur-Biert où est construite une ferme dite « Ferme de Stache », située à environ 600 mètres à vol d'oiseau S.S.E. de l'église et à l'est de la route Fosses-la-Ville - Anthée.

Les terres au sud de la ferme sont dénommées Campagne de Stache.

Les chevaux, amenant les céréales de Stache au moulin de Biesmerée, parcouraient 3,5 à 4 kilomètres.

Stache sous l'ancien régime est seigneurie hautaine et le seigneur peut pendre et faire aultre

act de justice haultaine entre les quatre fossez3.

De qui relevait cette seigneurie ?

Le 14 décembre 1618, Grégoire de Stache relève le fief de Stache, situé et gisant de la terre, hauteur et seigneurie de Graux, et fait le serment et devoir accoutumés en tel cas devant la cour féodale et seigneurie de Graux, appartenant au Révérend Prélat et couvent d'Alne4.

La seigneurie de Stache était donc, comme celle de Langlée (L'Agnelée, hameau actuel de Biesmerée), arrièrefief de la seigneurie de Graux, terre liégeoise. L'abbé d'Alne (ou Aulne) porte le titre de baron et seigneur de Graux.

Les seigneurs5

Grégoire de Stache relève le fief de Stache le 5 mai 1545 qui se compose de :

la maison et mannaige

42 bonniers6 appartenant audit mannaige

2 bonniers, plus 2 1/2 bonniers de bois soit au total 46 1/2 bonniers.

Jean Grégoire de Stache succède à son père le 12 novembre 1574. Il conclut l'accord du 9 mars 1602 avec le seigneur de Biesmerée sur la mouture des céréales consommées par les habitants de Stache.

Philippe Grégoire de Stache fait relief le 14 décembre 1618 par succession de son père.

Jean Grégoire de Stache, son fils, relève la seigneurie le 5 juillet 1656.

Pierre Godart, seigneur d'Ermeton-sur-Biert, est propriétaire du fief7.

Estienne Coppée, d'Ermeton-sur-Biert, acquiert du précédent le fief par saisine et fait relief le 19 juillet 1709.

Le fief consiste en maison, estableries, un bonnier et demyt de prairie à foin ou regain, un bonnier environ de jardinet pachis et dix-neuf à vingt bonniers de terres arables de bonnes et méchantes, compris quelques roches, rocailles et raspailles soit au total 22 1/2 bonniers, alors que la superficie du fief détenu par Grégoire de Stache s'élevait à 46 1/2 bonniers.

C'est que le résidu dudit fief a esté alliéné à plusieurs et différentes personnes ensuitte des octroys faits qu'il en at eu d'un Rdme Abbé de Alne, seignr directe dudit fief passé plusieurs années8.

Parmi les propriétaires, on relève

Jean-Philippe Godart, seigneur foncier de Hontoir, propriétaire du Bois de Stache d'une superficie de 7 1/2 bonniers et des pièces d'héritage9 ;

Remy Licot qui a acquis, le 26 mars 1635, 2 bonniers au lieu-dit « Au Perchaux » et 1/2 bonnier au lieu-dit « Les Fosses aux jons »10 ;

Joseph Gouffioux qui possède des biens à Stache dont la superficie n'est pas spécifiée11.

Estienne Coppée sollicite du seigneur de Graux, son suzerain, l'autorisation de disposer par testament ou autrement de son fief au profit de tous les enfants indistinctement afin qu'aucun d'eux ne soit lésé dans le partage de la succession. Il craint en effet que son fils aîné, usant de son droit d'aînesse, ne s'approprie le fief de Stache. L'Abbé d'Alne répond favorablement à cette demande le 19 janvier 1712.

François Joseph Coppée, son fils, relève le fief le 26 mars 1735. Mais son père ayant vraisemblablement testé en faveur de tous ses enfants, le fief est vendu le 24 juillet 1738 au nom des héritiers d'Estienne Coppée.

Jacques Philippe Michel Flaveau de Henry de La Raudière, baron de Loverval, époux de Martine Godart, seigneur d'Ermeton-sur-Biert, en est l'acquéreur et, le 15 juin 1741, en devoir de vassal at eu fait foy et hommage et presté le serment en tel cas requit et accoustumés et at esté advesti et adhérité du fief dEstache, lequel se compose de :

1° maison, grange, étables, dite cense de Stache ;

2° une terre de 16 bonniers, un trieu nommé Boliot ;

3° une terre appelée La Couture de 7 bonniers environ ;

4° un jardin d'une superficie de 70 verges ;

5° une prairie dite Le Grand Prez de 3 bonniers ;

6° un petit paschis de 75 verges

7° un autre pré ou paschis et terre labourable de 1/2 bonnier ;

8° le droit de collation ou patronage d'un bénéfice que possède le vicaire d'Anthée.

Le même fait relief le 23 septembre 1743 du Bois de Stache de 7 1/2 bonniers lui appartenant à titre de son épouse, Louise Martine Godart, nièce et héritière de Philibert Godart, et également de 2 1/2 bonniers de terres labourables situés au lieu-dit « Les Fosses aux jongs » acquis de la veuve Licot.

La superficie totale du fief détenu par Jacques Flaveau s'élève à 36 bonniers 350 verges.

Louise Martine de Godart, veuve de Jacques Flaveau, dame d'Ermeton-sur-Biert, fait relief de Stache le 16 novembre 1778.

Henry, Albert, Joseph, Baron de Flaveau, fils de Jacques Flaveau et de Louise Martine de Godart, seigneur d'Ermeton-sur-Biert, qui fait relief de Stache le 4 juillet 1785 devant la cour féodale de Graux, est le dernier seigneur de Stache.

Tout l'édifice féodal est jeté par terre par le décret du 4 août 1789 rendu exécutoire le 4 brumaire an IV (5 novembre 1795) par l'occupant français dans les départements de la « ci-devant Belgique ». Sont abolis la féodalité, les crimes, le retrait lignager, les substitutions, les maîtrises et les jurandes.

Signalons encore que le fief de Stache était grevé de deux rentes qui sont également fiefs :

Joseph Jacmart, curé de Stave et mambour des communs pauvres de cette paroisse, relève le 9 septembre 1718 une rente de 4 florins ;Ignace Cosmans, curé de Sommière et mambour des pauvres, fait relief le 17 août 1719, d'une rente de 15 florins due par Estienne Coppée.

G. DEREINE.

 

1 Le moulin banal de Biesmerée au début du XVI" siècle dans Le Molignard, n° 1981/4, pp. 23-27.

2 A. E.N. (Archives de l'Etat à Namur), Fonds Jacquier de Rosée, n° 556.

3 A.E.N., Enquêtes judiciaires du Conseil de Namur, n' 5451.

4 A.E.N., Echevinages, Graux, n° 14 (4240).

5 Les reliefs sont extraits des documents contenus dans la liasse dont les références sont reprises ci-dessus.

6 1 bonnier = + 95 ares

          = 400 verges.

7 Le document par lequel Pierre Godart fait relief de Stache n'est pas classé dans la liasse. Il n'a pas été trouvé.

8 Relief du 26 mars 1735 par François Joseph Coppée.

9 Relief du 9 septembre 1718.

10 Relief du 16 septembre 1718 par Jenne Squinlot, bru de Remy Licot, veuve de Claude Licot.

11Relief du 3 mars 1727 par Jean François Jacquet et Guillaume Donat à titre de son épouse, Catherine Jacquet,

 

 

LES REPERES DE NIVELLEMENT

Les repères de nivellement appelés également par ceux qui les emploient, des « doguets » existent dans tous nos villages et rares sont les personnes qui en connaissent l'utilité, l'origine et même l'existence. On les rencontre principalement aux églises et à tout autre endroit facilement repérable (gare, château ... ) de même qu'aux points intéressants (vallées, voiries... ).

Les repères de nivellement sont constitués en un réseau qui permet de connaître l'altitude de tout point par rapport à une surface de référence. Celle-ci appelée aussi surface de niveau zéro correspond au niveau moyen des eaux à marée basse 'à Ostende. Cette surface origine a été déterminée après une période d'observation de 19 ans à l'aide d'un marégraphe. C'est à partir de ce repère fondamental que l'altitude de tous les points du réseau de nivellement est déterminée.

L'origine du nivellement date des environs de 1850.

La densité du réseau est telle qu'en chaque point du territoire national beige on peut trouver un repère à moins de 3 km de distance du point considéré. Deux exemples de cette densité : Falaën : 6 repères, Anhée :12 repères.

Les repères sont utilisés pour l'élaboration de la carte de base et fournir les renseignements nécessaires à l'exécution de grands travaux ainsi que pour des recherches scientifiques.

Par ce travail on a constaté qu'il y a une différence entre la mer moyenne à Ostende avant la Méditerranée à Marseille de 0,73 m, la première étant en dessous de la deuxième et que la moyenne de la Baltique est à 0,048 m au-dessous de la mer à Ostende.

Quelques points de la région :

Onhaye église : 236,184 m ; Falaën église : 200,423 m ; gare : 140,619 m ; Anhée église : 90,654 m ; Haut-le-Wastia église: 209,684 m ; Bioul église : 218,070 m.

Gérard COX - Onhaye.

 

SOV'NANCES D'ON VI GAMIN

Dans un coin de mon coeur sommeillent un tas de choses Comme dans le grenier d'une vieille maison Dorment sans s'éveiller, silencieux, moroses De vieux objets sans nom.

(V. WATTEYNE.)

Li camarade Fred m'a dit : Dj'a ri et dj'a brai en lîjant ti dêrin artike su les « Souvenirs d'enfance ». Et i gna d'zôtes qui mi, ti pous m'crwère. Mais gn'avait co bien des ôtes affaires à dire, va. Ti n'a nin causé di coci et d'cola...

- D'accôrd, vî frère, mais po dire tot, c'est st'on rive qui fauréve sîcrire Et on gros.

Dji sos contint tot l'minme di sawê qu'on z'a causé di mi p'tit boquè. Po r'muer l'coeûr do wallon, i gna qu'à li causer di s'villadje et di s'djonne timps. Ca prouve, vè's bin, qu'on vet voltî si p'tite patrie et quand on vet voltî li P'tite, on vet co sûr l'Grande.

Li wallon est comme ça. Il a l'air di sè foute. Mais quand on discause si Pays, i d'vint comme on lion, et quand on z'est dit do bin, les lârmes li mont'nut aux ouyes.

Les Bolcheviks ni sont nin co maisses à Nameur.

Et « Ti sovins'bin » si sûv'nut dit'tot près. D'one sôrte, on vint à l'ôte. Ci qu'onque ni dit nin, l'ôte à l'rapinse. L'âme d'èfant qui sokie au fond di nos ôtes tortos est rèwèyie. Por one heûre, on z'est ridiv'nu gamin. Ci n'est nin l'vrai qu'on z'a 50 ans et qu'on z'est su li d'chindée. Non, nos estans à satchî I'sofflet è I'foidje da Marcellin ou à mougnî des pougnîes di rabulet au 80 stauve dé mon Gustin. Volà l'vî Curé qu'arrive è chaltant avou si p'tit baston, et ci n'est nin l'momint di s'mostrer. 1 n'est nin tinre nos vî curé et gare aux gamins qu'il attrape à djouer dé l'èglije à ratindant l'sa lut.. .

Ti sovins'bin...

Quand on djouève aux mas (cinq bias por one cense è mon li « P'tit Cinsî ») et quand t'avais cassé on bia carreau dé mon Gustin en djouant à I'droûte.

Les Romains avaint leû « Forum ». Li Forum des gamins, c'est l'place do villadje. « Allans djouer su l'place ». C'est là qui les djoûs d'condjî et après li scole, i s'rachon'nut po djouer aux soûdards, aux voleûrs, à l'Saint-Fouïen, au tiradje au sôrt, aux t'chfaux, aux mas, à I'droûte, à l'balle, à l'poire à l'mwin, aux longs barres, à l'tatalaiût, au briguè dou, à li sclignète flaminde...

Il arrive co bin qu'on s'apougne et qu'on toûrsie, mais qui n's'a nin battu et n'a nin fait l'tchèt n'est nin on vrai gamin.

I gna des sias qui sont todis chefs et des ôtes qui sûv'nut bagadje. En wétant djouer les gamins, on vet d'dja bin ci qu'is d'vairont pus taurd.

 

Li mwès d'aoûs' ramwinne li grande samwinne, li samwinne dé I'dicausse. « Il a fait laid à I'dicausse di Buzet (N.D.L.R. près de Floreffe), i frè bia à I'sène do Saut (N.D.L.R. : Sart-Saint- Laurent). » C'est l'Gros d'mon I'chaurlî et Jules Dènis qui sont capitainnes di djonnesse avou Dôr Dorine... 1 parait qui gn'aurè pon d'toûrniquet, ostant dire pon d'dicausse... Vos nos là li mércrèdi au nût et gna co rin...

Ossi, I'djudi à sôrtant d'li scole à onze heûres, c'est st'one vraie fîve quand nos vèyans les gros tchaurs do p'tit Manuel di Baulet (N.D.L.R. : Wanfercée-Baulet près de Fleurus) arrivés d'sus l'place. 1 gn'aurè on toûmiquet. Et on galopant si vos plait.

« Allôs vîr. » Di nos timps, ç'astoût lcri des djambots Qui batin'tè lrappel quand l'jeudi dé I'ducace Les cârs des baraquîs arrivin'tè dsu l'place Et qué honneûr pour mi. Porter des plankes su mdos Quand on montoût l'tour des k'vaus dbos.

(Joseph FAUCON.)

Et I'sèm'di à I'nait, Jules Dènis sôrte dé I'foidje avou one grande baguette di fièr tote rodje po fer bouchî les tchampes... C'est I'dicausse dimwin.

Mais po fer I'dicausse, i faut des censes. Li parrain dôrê on d'mée franc, li mârinne deux gros sous (N. D. L. R. : Gros sou = 10 centimes), one pitite sipaugne qu'on z'a, ça irê co et on pôrê s'payî deux , trwès cops a toûrniquet et saquants côps qu'on z'irè po rin. Acheter des caramels et même on gros pistolet di trwès gros sous avou deux bwèsses di capsules.

Heureux gamin, vos dis'tje.

Ci qui nos n'plains d'manquer non plus, c'estait di sûre les conscrits, Li moman I'disfindait, mais nos trovains bin l'moïen di chouter l'armonica da Chet Marique qui fiéve danser tot l'villadje et les roum blou bloum do tambour do « Cousin Louis » qui fiait tronner les maujonnes et nos r'vvaitins les conscrits kerdjis d'cocâdes qui dansaient à tchantant :

Soudards tra la la (bis)

Ce n'est pas la barbe qui fait les bons soldats.

Li dimègne, on couréve après les balles po djouer dé l'samwinne et on rêvait di fer one partie di « première ». « Les Blancs Becs du Sart » Camille, Gustave, Aimé, Joseph et... Ugène. Hélas, deux sont moirts et les trois ôtes sont dispersés...

Ca d'vairéve trop long, sins ça vo vièrîz co passer Zirè Bacq avou si t'chfau ossi sètche et ossi vif qui li ; les deux boûs da Louis d'mon' l'tchaurlî qui n'allaint nin pus rwè pasqui leû maisse satchait d'sus l'coirdelle en fiant : « allai.proutt. » Et des ôtes et co des ôtes, tos types do vî timps qui n'rivairê pus...

Est-ce qui dj'pous co vo dire qui tos les sèmedis à one heûre, li grand Félicien avou s'baube di Dieu I'Pére rarivait do martchi d'Nameur avou s'gloria et deux grands tchènas pleins di surprises, bablûtes, babilaires, nics-nacs...

On z'avait jusse li timps divant s'cole d'intrer è s'botique « E mon Lestine » po vôye li dèbaladje.

Les cias qu'avaint des censes achetaint des surprises, pitits satchots djanes, blewes, rodjes, di totes les coleûrs. Et les cias quen' n'avaint pon avaint ostant d'plaiji quand on douviait les surprises...

Dj'achève di scrire coci li djoû dé I'Tossaint. Dji vins d'rintrer d'Vêpes ; les clokes son'nut à moirt et dji sos tot drole à sondjant à totes les djins qui dj'a connus et qui sont dins l'Eternité . Is ont passé su l'terre et n'ont nin lèyï biacôp pus d'trace qui l'pîd do chameau su l'sauvlon do désert. Les hommes pass'nut comme les èwes di Moûse qui vont à coûse dins l'grande Basse sins jamais taurdjî. Les gamins d'audjourd'hu sont les hommes di d'mwin, les vis hommes et les moirts d'après d'mwin... Des ôtes gamins les remplace'nut... C'a todi stî ainsi dispû qui l'monde est monde et ci serê todi jusqu'à l'fin...

Mais dji m'dimande si les gamins d'asteûr auront ostant d'plaiji qu'nos di causer d'leû djonne timps. Nos, nos estans d'one génération qu'a passé do crasset à l'ampoule électrique, do tokwè au chauffage central ; qu'a vèyu les prumîs vélos et trinte ans après les avions. Li progrès a sti rade.

I m'chonne qui les gamins d'astêur sont malins trop djonnes. Is sont gâtés. Nos ôtes, on rin nos contintait : on boquè d'suke, one gaye, one poire quand on fiait one commission one imaudje au Catrèsime ou à s'cole one rèclame qui l' Drapeau Belge » tapait en passant avou ses tchfaus-aggases.

On z'a bin pus d'plaiji di r'sondjî à ses p'titès misères passées qui do raconter qu'on za stî alèvé comme on p'tit monsieur.

En tout cas, à finichant, dji dis avou Louis Delattre : « Heureux qui, dans les traverses de la vie, malgré la pédanterie des sots et la tristesse des méchants, demeure fidèle à la musique de son jeune âge. »

Eugène GILLAIN.

Extraits de SOV'NANCES D'ON VI GAMIN, publié chez DUCULOT en 1932,

N.D.L.R. : Ces souvenirs, écrits en 1930, sont ceux d'avant la Belle-Epoque (vers 1880-1885) qu'Eugène GILLAIN se plaît à rappeler dans « SOV'NANCES D'ON VI GAMIN ».

Le dessin est signé Alex DACUST, originaire de Bioul. A Bioul, une rue porte le nom de ce dessinateur wallon.

 

SOUVENIRS (1947-1965)

Il y a 35 ans.

C'est au mois de novembre 1947 que naquit la revue scolaire « La vie à l'école de Sosoye ».

Le premier et le deuxième numéro furent imprimés grâce au Bourgmestre, Monsieur Sandron qui frappa le texte sur stencils. Le 3e numéro et les suivants ont été imprimés (imprimerie scolaire). Pour la première revue, le comité était ainsi constitué présidente : Corbisier Anne-Marie vice présidente : Mînot Colette ; secrétaire : Léonard Michel trésorière Baudart Nicole.

Le but de cette revue maintenir le contact entre l'école et les familles en rappelant les événements du mois, en croquant l'un ou l'autre portrait de personnage typique, en publiant les résultats scolaires et en réalisant des enquêtes.

Cette revue était tirée à 150 exemplaires et était vendue 5 F. L'argent alimentait la coopérative scolaire et était redistribué entre les élèves lors des distributions de prix et des voyages scolaires.

En 1965, une enquête est lancée par les élèves dans le but d'apprendre aux enfants à collaborer à partir de considérations d'ordre social. L'élève responsable de cette revue est la vice présidente Desnoeck Christiane ;présidente Georges Anita ; secrétaire : Vincent Monique et trésorière Choffray Bernadette.

Cette enquête termine par plusieurs conclusions négatives :

1.  Les travailleurs quittent la région.

2. La vallée de la Molignée se meurt.

3. Un cri d'alarme est lancé : le chemin de fer est supprimé, également la poste, les industries locales disparaissent (pommeraie, roalite, brasseries, sablonnières, scieries, polissoirs ; carrières, moulins, coutelleries, minerais de fer, l'eau.

A cette époque, les élèves avaient prévu la suppression de l'école communale et de la paroisse. L'école a cessé d'exister en septembre 1973. A quand la paroisse ?

Ils proposent également certains remèdes :

1. Respect des monuments, des clôtures, des panneaux routiers.

2. Aide au S.I.

3. Entretien des sentiers touristiques. 4. Aménager de nombreux parkings.

5. Organiser des fêtes, des expositions.

6. Placer des cartes-panneaux de la région.

7. Illumination des rochers de Sosoye.

8. Ouvrir des campings.

Et maintenant ?

H. F.