1982 - N° 4
- OCT. - NOV. - DEC.


Editorial

LE TEMPS DES SEMIS...

L'automne s'est installé chez nous, changeant toute la vie de la nature. Le cycle des journées, le rayonnement du soleil, la parure. des arbres, le comportement de nos animaux se sont modifiés.

Nos campagnes aussi se transforment. A peine terminées la moisson et les récoltes,l es socs ont entamé la terre et les agriculteurs s'affairent à redistribuer, dans le sol fertile, les semences qui assureront la richesse des prochains épis.

La campagne touristique se termine aussi chez nous. Et voici qu'en Molignée-Flavion, on commence à remuer le terrain pour la prochaine saison !

Si votre coeur est bien préparé, nous pourrons aussi y déposer quelques graines, sous forme d'idées. Vous pourrez les laisser germer et nous assurer les joies d'une bonne moisson.

- De plus en plus, nos petits villages se parent, en bonne saison, de quantités de fleurs qui ornent fenêtres, balcons, terrasses ou parterres. Etablissons déjà nos plants pour le prochain printemps et employons-nous à améliorer encore cette belle décoration florale de nos vallées.

- Des visiteurs de plus en plus nombreux s'éprennent de notre région et souhaiteraient peut-être y séjourner quelques jours dans la simplicité et l' accueil familial. Songez que vous pourriez mettre à leur disposition des « meublés de tourisme » ou des « chambres d'hôte ». Le Ministère de la Communauté française peut vous y aider.

- Enfin, pendant vos soirées d'hiver vous pourrez relire les articles et les chroniques déjà parues dans ce brave « Molignard», qui vient vous apporter des connaissances insoupçonnées sur votre milieu de vie. Vous pourriez aussi songer à déposer pour lui, une bonne graine (200 F, le prix d'un abonnement), pour que l'année à venir que nous vous souhaitons déjà heureuse et prospère, le soit aussi pour lui.

Pierre HEBETTE.

 

Nouvelles du Syndicat d'Initiative et de Tourisme de la Molignée et du Flavion

La saison touristique 1982 a pris fin. Elle fut favorisée par un temps exceptionnellement clément et, avec la complicité du soleil, elle rencontra dans nos vallées, comme partout ailleurs en Belgique, un grand succès au-delà de nos espérances.

Le combiné Molignée qui, pour la modique somme de 100 francs (75 pour les enfants de moins de 14 ans) offrait une entrée au musée du château-ferme de Falaën, au musée du bois à Maredret, au musée du centre Grégoire Fournier à l'abbaye de Maredsous et une restauration à la Clairière de l'abbaye de Maredsous, a connu un très grand engouement.

Cette formule très heureuse de promotion du tourisme dans nos vallées sera reprise en 1983.

Les promenades pédestres avec commentaires à Ermeton-sur-Biert (18 juillet) et à Weillen (8 août) ont vu le nombre habituel des participants augmenter.-. Une bonne quarantaine de promeneurs.

Les promenades en car, sur le thème : châteaux et châteaux-fermes de la Molignée et du Flavion, ont malheureusement été « handicapées » par un incident technique : l'arrivée tardive du car.

Les animations au château-ferme ont eu lieu comme prévu : soirée astronomique (26 juin), journée champêtre (31 juillet), journée du cruciverbiste (12 septembre) avec la participation d'un orchestre de jazz à l'initiative de Li kinket de Onhaye.

A signaler que l'exposition annuelle du château-ferme de Falaën avait pour thème : faune et flore de la région. Elle était complétée par une autre exposition « Bois et produits de la terre » à l'initiative de Li Kinket.

Nous espérons faire mieux encore l'année prochaine. Toute suggestion de votre part sera la bienvenue. Nous avons besoin de vos idées.

Le calendrier des promenades sera communiqué à ceux qui en font la demande.

 

HOMMAGE A MONSIEUR MICHEL LEONARD ET A TOUTE SON EQUIPE

LE CHAR À BANCS

Chansonnette folklorique

Paroles et Musique de J. ADELAIRE

REFRAIN: Ah ! qu'on est bien dans l'char à bancs,

On se promène au gré du vent

On suit la Molignée

Dans sa jolie vallée

De Falaën à Maredret  

La nature est pleine d’attraits

On fait l'aller et le retour

Sous le soleil des plus beaux jours.

COUPLETS

1 .Tiré par trois bons chevaux,

Le char à bancs est si beau

Il nous rend le bon vieux temps

D'il y a quatre-vingts ans ;

Le cocher qui nous conduit,

Nous accueille et nous sourit

Venez, venez avec nous

Dans les fonds de Maredsous.

2. A Falaën aux hôtels,

Pour le départ c'est l'appel

 Et l'on s'en va vers Sosoye

Qui montre ses jolis toits ;

Après l'virage du laid trou,

On arrive à Maredsous,

Puis à l'ancien point d'arrêt,

Au Château et Maredret.

3. On longe bien gentiment

Le Camping et son étang,

Où l'on voit quelques pêcheurs

Qui surveillent le flotteur ;

A la grotte de Maharenne,

On pourrait faire neuvaine,

Mais on sent une attraction

Pour l'Auberge de Sandron.

4. On voit la pisciculture

Et les bassins de Mazure

Plus loin c'est l'Artisanat

De Maredret qui est là

Enfin à destination,

On peut aller chez Léon,

A la Fontaine, au Musée,

A la Tayette, aux Viviers.

5. Grand merci au promoteur

Et ses collaborateurs,

Qui ont pu réaliser

Ce beau char du temps passé.

Car c'est un réel plaisir

D'entrer dans les souvenirs

De nos arrières grands-parents

Et revivre un peu leur temps.

6.Aujourd'hui en ce sept août,

Nous avons eu parmi nous,

Les caméras de Télé

Qui nous ont enregistrés.

Nous serons tous très contents

de voir au petit écran,

Notre char et ses chevaux

Qui font vivre nos hameaux.

(Couplet à l'intention des créateurs du « CROCHON

7.Quand on rentre à Falaën,

Si on sent un peu la faim,

On apprécie les rations

Des fameux petits « Crochons ».

Avec un peu de « Gros Bleu »

C'est vraiment très délicieux,

Et si l'on n'est pas repu

On peut choisir un Menu.

 

Lettre ouverte d'une Fontenelloise après une saison touristique dans la Molignée

En cette fin d'un bel été, je voudrais exprimer ma reconnaissance au syndicat d'initiative et de tourisme de la Molignée et du Flavion.

Séduite par un programme prometteur de promenades, je n'imaginais pas à quel point la réalité me comblerait. Ermeton-sur-Biert, Falaën, Maredsous, Weillen... tant de noms mal connus par moi et qui évoquent maintenant un flot d'images, des souvenirs agréables de détente et d'enrichissement.

La découverte de notre flore et faune, de l'histoire de la région, quel émerveillement !

Fermons les yeux un instant et revivons rapidement ces balades...

Le démarrage sur les chapeaux de pieds à Ermeton, avec 17 kilomètres sous une chaleur peu coutumière, annonçait de suite la couleur : la volonté des organisateurs (comité de défense et de l'environnement dErmeton) d'inculquer culture et botanique, le tout avec endurance ! Monsieur l'Abbé Questiaux, personnage combien pittoresque, ponctuait ses commentaires de coups de bâton (pas sur les participants !). Monsieur Wiame, quant à lui, scandait ses explications pour soutenir le rythme.

Du chemin des morts au chemin des bateliers, du stordoir au moulin à eau, de potales à Li Tchabotte de Saint-Nicolas en passant par les traces de chevreuil et les feuilles de merisier, que d'émotions !

Je me souviens également du déjeuner savoureux pris autour d'une grande table familiale à « La Chaumière » et qui nous a ravigotés pour l'après-midi

... Maredret, le musée du bois, Maredsous, l'exposition du papyrus au papier, Ermeton.

Sous le soleil, les premiers foins coupés dégageaient une odeur enivrante.

Les vétérans étant toujours frais, je terminais pour ma part cette première randonnée les jambes flageolantes.

Le deuxième rendez-vous nous présentait Ermeton sous un autre angle.

Promenade moins fatigante pour le corps, plus consistante pour l'esprit.

Avec précision, notre guide nous documentait sur les sites rencontrés. En bon professeur, notre historien aimait tester ses élèves. Grands et petits, nous avions intérêt à écouter d'une oreille attentive pour pouvoir répondre aux questions... sans l'aide de fiches.

Une démarche assurée pour guider ses ouailles, une voix douce et calme, un regard profond, obligeant au respect de l'objet humble, à l'amour des gens et des choses. J'ai gardé une grande impression de paix de cette journée, une envie de vivre sainement, simplement, de prendre le temps.

Enfin, dernière promenade en car où, pour être au deuxième tour après une longue attente, j'ai pu partager le car avec quatre personnes.

Avec un guide pas démoralisé par le nombre, en route pour Maharenne, Falaën, Flavion, Ermeton, Maredsous... de quoi justifier amplement quelques instants de patience.

A l'issue de ce programme se dégage l'essentiel pour moi: le contact humain. J'ai rencontré au sein de ce groupe beaucoup de chaleur, de joie de vivre. J'ai une pensée toute particulière pour Monsieur et Madame Delaire. Est-ce le reflet de la région qui éclabousse de sa beauté le caractère de ses habitants ?

A une époque où exotisme devient synonyme de familier, où l'avion remplace le vélo, quelle fraîcheur, quelle saine naïveté quel épanouissement de se retrouver tous unis vers un besoin de simplicité sur un sol qui nous est cher.

Puissent de nombreux « étrangers » comme moi découvrir votre belle vallée. Merci pour toutes ces beautés. Merci pour votre sourire.

Y. BROGNIEZ.

 

Recherches sur la dénomination des cours d’eau MOLIGNEE et FLAVION (suite)

Les observations sur ce texte1 peuvent être les suivantes :

- la Floye est la dénomination du ruisseau coulant depuis Stave jusqu'à la Meuse.

Cette affirmation est basée sur un seul texte : celui de la charte de 1284, texte qui a été partiellement reproduit et analysé2.

Un seul texte, qui concerne le règlement d'un litige dont l'objet est très localisé, constitue une base bien fragile. D'autant plus que l'interprétation en est inexacte. On a vu3 que, nombreux textes à l'appui, Floies ou Floye est un lieu-dit de Haut-le-Wastia et n'est pas la dénomination d'une rivière.

- la Floye se réunit au Floyon ou Flavion pour former la Molignée, le Floyon étant l'affluent.

Cette assertion découle de la première et est simplement affirmée par l'auteur sans preuve aucune.

-la Floye tend à perdre son nom, les riverains lui substituant les appellations banales de ruisseau de Stave, de Biesmerée, d'Ermeton.

Il est bien exact que le ruisseau en amont du confluent à Montaigle porte les dénominations citées mais il n'est pas exposé le phénomène par lequel le cours d'eau aurait perdu son nom « La Floye » et l'époque à partir de laquelle les appellations banales lui ont été données. On est forcé de constater que cette assertion n'est basée sur aucun document.

-plus tard, c'est le Floyon qui transmet son nom à la Molignée ou, aurait dû logiquement écrire le Chanoine Roland, à la Floye.

En effet, il est bien obligé de se rendre à l'évidence : il constate, dans deux documents, l'un datant du XVIe s. et l'autre du XVIle, que la rivière à Moulins est dénommée « rieu de Floyon » et non « la Floye ».

L'affluent devient ainsi la rivière « mère ».

Il est vraiment malaisé d'accepter une telle opinion qui apparaît logique si on admet que la Floye est la dénomination première de la rivière mais qui est inexacte si l'on se réfère aux textes des XVIe, XVe, XVIe et XVIle siècles qui ont été reproduits.

La Floye aurait donc perdu son nom en amont et en aval du confluent à Montaigle. Ce qui veut dire en clair qu'elle n'a jamais porté cette dénomination.

Et le Chanoine Roland approuve cette dernière conclusion quand il reconnaît que son opinion au sujet d'un primitif Flena attribué aux ruisseaux d'Ermeton ou de Floye est fortement ébranlée par l'étude consacrée aux vocables Ermenton et Flavion 4.

Il écrit5 :

Mais puisque Ermenton est bien le nom de la rivière, que faire de celui de Floye, que les géographes lui attribuent et qui est justifié par le terme « pont à Floies » de la charte de 1284 mentionnant « Ermenton » ?Nous croyons que « Floie » n'est qu'un nom commun correspondant au latin fluius ou fluvius et que « pont à Floies » est synonyme de nos « Pont-au-Rieu » (Sombreffe) et « Pont-au-Ry » (Mettet). D'ailleurs, d'après la charte susdite, c'est plutôt sur le ruisseau de Flavion ou Floyon que nous devons chercher le « le pont à Floies » comme aussi le moulin de Floye (Haut-le-Wastia) est assis sur la Molignée.

On constate que le Chanoine Roland arrive à une conclusion qui met bas l'échafaudage précédemment construit : le ruisseau à Floies porte la dénomination « ruisseau de Flavion ou Floyon », celle « La Floye » étant abandonnée parce que étant un nom commun. Mais il attribue au ruisseau deux dénominations différentes (ruisseau de Flavion et Molignée) à deux endroits proches l'un de l'autre. En effet, Pont et Floye sont des toponymes et non des noms communs : le premier est situé à Warnant et le second à Haut-le-Wastia.

En conclusion : la dénomination « La Floye » donnée au cours d'eau arrosant Stave et Biesmerée est inexacte et c'est à tort qu'elle a été enseignée aux enfants sur les bancs de l'école.

(à suivre)

 

G. DEREINE.

 

1 Le Molignard, 1982, n° 3, pp. 68-70.

2 Le Molignard, 1981, n° 1, p. 14.

3 Le Molignard, 1982, n° 2, pp. 4-7.

4 C.-G. Roland, Toponymie namuroise. Tome premier. Annales de la Société archéologique de Namur, t. XXIII (1899)

5 Ibidem, p. 191.

 

Sovenances

Mi p’tit viladje, t’èsteûves si bia
Avou tès vôyes plin.nes di potias,
Tès maujos d’ pîres èt leûs spaliés
Qui lès tayons avin.n’ planté
Po-z-awè dès pwâres à l’awan.
Qui t’èsteûves bia ! Gn-a cinquante ans !

Qu’il èsteûve bia t’ ri cotwârdu
Courant d’zos l’ pîd dès vîs sayus !
Est-ç’ qu’il î èst co, l’ gros cayau
Jusse laudje assèz po lès sabots
Dès feumes qui spaumin.n’ leû buwéye
Blankîye à l’ rimouye su l’uréye ?

Dji r’veu tès sapins, tès bôlis,
Li sauvadje pilé su l’ Monti
Au mârs, lès djanès tchaubaréyes
Qui nos-alin.n’ coude à l’ vièspréye,
Dins l’ craye d’on meur, li nid d’ masindjes,
Po l’ vôy, nos gripin.n’ come dès sindjes !

Tènawète, nos fyin.n’ li malade
Po-z-alè au tchamp avou l’ gade
Qui nos mwinrnin.n’ dins lès ruwales
Di l’aye dès Saurts ou bin dès Stiès.
Nos-î cheûyin.n’ totes lès purnales
Bin longtimps d’vant qu’i gn-eûche djalè !

Si dji m’ sovin dè l’ tchirouterîye ?
Taîje-tu one miète ! Ti m’ dones l’invîye
D’one bone pougnîye di pâtes di pomes,
Bin rossètes, clapant totes èchones.
Adon, à l’ saîson do cûjadje,
On sinteut l’ pome dins tot l’ viladje.

Audjoûrdu, t’as brâmint candji.
T’ès « ârtisanal » à ç’ qu’on dit !
Ti n’ès pus come dins l’ timps : t’ès mia !
Di yèsse à l’ môde, ti m’ chones co pus bia !
Comint ç’ qu’on n’ sèreûve nin sot d’ twè,
Mi p’tit viladje di Marèdrèt ?

Denise Mathot (Fosses-la-Ville)

 

Le Prénom

Le prénom situe une personne ; il est très important parce que, au départ de la vie, il est choisi avec beaucoup d'amour par les parents qui y ont attaché beaucoup d'importance, soit qu'il leur rappelle une personne très chère, ou un modèle. Cela marque toute votre petite enfance, soit qu'il soit prononcé, soit qu'il soit écorché.

Anciennement, il y avait les sobriquets (surnoms) que l'on rencontre encore dans nos campagnes.

Mais ce prénom qui nous personnalise, la vie moderne nous le détruit déjà à l'école primaire où nos enfants changent d'instituteur chaque année et où les enfants sont si nombreux qu'il n'est pas possible de les personnaliser par leur prénom.

Ensuite vient le secondaire où on trouve normal d'être un numéro.

Pendant le temps des fiançailles, le prénom est remplacé par des noms de fleurs, d'oiseaux ou d'animaux, ce qui est bien agréable ; mais ce temps est bien court puisque suit après le nom de papa ou maman.

Entretemps est arrivé le moment où l'on vous appelle Monsieur Untel ou Madame Untelle ou tout simplement par un numéro suivant l'importance de votre employeur.

Heureusement, dans nos petits villages ruraux, nous nous entendons interpelés par notre prénom par d'anciens camarades de classe ou de jeunesse que l'on avait perdu de vue depuis longtemps, surtout je pense quand on a les cheveux gris et que, à ce moment, tout le monde vous appelle grand-père ou bobonne.

Notre nouvelle liturgie aussi a pensé à cette chaleur qui est notre prénom puisque, lors du dernier voyage, le prêtre invite les amis du défunt à prier pour lui en le désignant par son prénom. On se sent alors beaucoup plus proche de l'ami défunt.

N'est-ce pas perdre de l'énergie que de perdre son prénom tout au long de sa vie ?

Denise DELAIRE.

      

12 SEPTEMBRE 1982

LA JOURNÉE DU CRUCIVERBISTE

Elle fut gratifiée d'un temps splendide, se déroula dans une ambiance excellente et se termina autour du « pilori » du Château-Ferme de Falaën où, à l'initiative du groupe « Li Kinket » d'Onhaye, nous assistions à l'audition de musique de Jazz New Orleans et Dixieland des années 1920 à 1935. Musique endiablée donnée par le JAZZ BAND RIVERSIDE FEETWARMERS qui mit agréablement un point final à cette belle journée de détente et de promenade à travers notre Région.

Neuf groupes de cruciverbistes s'étaient donné rendez-vous.

Le classement final s'établit comme suit :

1. Mmes Gisèle GILLET-MOUREAUX, de Waha, et Michèle DEWANDRE, de Falaën ;

2. Mme ARTE, de Falaën

3. M. et Mme Francis THIRAN, de Bioul ;

4. M. et Mme Jean-Pol ECHEMENT, de Flavion ;

5. Mlle Cathy DENIS, d'Ermeton-sur-Biert ;

6. Mlles Ariane et Fabienne IGOT de Falaën ;

7. Mme Marie VIGNERON-GODELAINE de Gérin.

A. JADOT.

 

LE PROGRÈS

Le progrès, c'est cela: de notre temps, en hiver, les enfants se réchauffaient en courant joyeusement en bande jusqu'à l'école. Alors que de nos jours, les gamins se gèlent en attendant sur place le car climatisé qui doit les transporter jusqu'au groupe scolaire.

Maurice GENEVOIX.

 

VANDALISME LE LONG DE NOS ROUTES

Dernièrement, au cours de l'été, les Pouvoirs Publics « replaçaient », pour la ènième fois, de nouveaux catadioptres le long de la route dévalant Denée jusqu'à l'Auberge de Maredsous. Huit jours après, les vandales s'étaient manifestés. La moitié de ces catadioptres étaient arrachés et gisaient pêlemêle dans les fossés, l'autre moitié se voyait privée de ses plaquettes réfléchissantes blanches ou rouges dévissées qu'elles avaient été au moyen d'une simple pièce de un franc et emportées comme « glorieux » butin de guerre...

Chaque année, l'Abbaye de Maredsous « replace » un nouveau panneau « PIÉTONS » au pied du sentier qui court le long de la route d'accès à l'Abbaye. Chaque année, ce panneau est arraché ou tordu et puis jeté dans les broussailles.

Entre Sosoye et Maredret, les panneaux « DENÉE » et « SOSOYE » subissent le même sort. C'est du pareil au même entre Sosoye et Falaën, via Chertin ou le « Bôli », entre Denée et Bioul le long de la grand-route. Quant aux nombreux catadioptres balisant la route sinueuse de la Molignée, la plupart, éventrés, jonchent le lit de la rivière, les fossés et les fourrés. Les autres sont chancelants et ne jouent plus le rôle qui est te leur de guider l'automobiliste dans le dédale brumeux et nocturne. Gare aux dégringolades dans la Molignée là où elle est tangente à la route. Il y aura des blessés ou des morts, mais cela c'est le cadet des soucis des vandales.

D'aucuns, ignorant la balistique, « s'amusent » à tirer sur les panneaux bordant nos routes. Ils ne savent pas que les ricochets peuvent atteindre, blesser ou tuer des promeneurs.

Vandalisme imbécile et gratuit s'en prenant lâchement et sans vergogne à dès biens mis en place par les Pouvoirs Publics pour l'information et pour la sécurité des usagers de la route et des nombreux touristes découvrant notre belle région. Il y a, dans le chef de ces vandales, un magma où l'on trouve quelque chose de criminel, d'insensé, de bête, de méchant, de brutal et de sauvage. C'est vraiment indigne d'êtres qui se prétendent à la pointe du progrès. Comment convaincre ces vandales de l'inanité de leurs actes ? C'est une tâche permanente de l'éducation civique qui incombe à la famille, à l'école, aux média, à tous les responsables de groupes.

Les Pouvoirs Publics (Administration des Routes, la Police communale et la Gendarmerie) ont-ils bonne conscience en « laissant faire et en pratiquant la politique de l'autruche » ? Une surveillance discrète permettrait, sans aucun doute, de mettre la main au collet de ces « irréfléchis » avec les suites qui s'imposent...

Que les « bons citoyens » se retirent lançait-on jadis dans les sommations en cas de troubles... Eh bien, les « bons citoyens » en ont assez d'être nargués par des irresponsables couverts par l'incurie des responsables du maintien de l'Ordre public.

A. JADOT.

 

 

L'AGNELEE établissement industriel

1. Situation géographique

L'Agnelée est hameau de la localité Biesmerée, commune de Mettet, canton de justice de paix de Fosses-la-Ville, arrondissement administratif et judiciaire de Namur, province de Namur.

Les bâtiments, actuellement à usage d'habitation et d'exploitation agricole occupés par Désiré Paquet et son frère, sont situés entre Biesmerée et le moulin de Furnaux, sur la rive droite du ruisseau dénommé La Floie par les riverains ; la carte à l'échelle 1 / 10 000 de l'Institut géographique militaire renseigne le nom de ruisseau de Biesmerée en aval un signal d'indication planté près du moulin de Furnaux porte la mention Molignée.

2. Toponymie

Langlée, et sa variante Lainglée, est le toponyme le plus ancien que l'on peut lire dans les registres de l'échevinage de la seigneurie de Graux dont le premier acte date de 15511.

L'apostrophe n'étant pas à cette époque en usage dans l'écriture, on peut déduire que l'orthographe moderne de ce toponyme est L'Anglée, affirmation confirmée par un texte de 1602 2.

Anglée, mot qui a disparu de la langue française courante, est encore en usage en patois et signifie l'angle formé par deux murs d'un bâtiment'. Il semble que le toponyme ici employé est le nom commun appliqué à un lieu qui, d'après le tracé des limites actuelles des localités Biesmerée, Ermeton-sur-Biert et Furnaux qui correspondent approximativement aux limites des anciennes seigneuries, est situé dans plusieurs angles ou anglées.

Ce toponyme a été modifié au cours des âges :

Laignelée en 15894 et 16275

Langnelée en 16576

Lannelée en 16997

Lagnelée en 16028, 17009, 175610, 177111, 178711.

Contrairement au toponyme Langlée qui trouve son origine dans la configuration des lieux, celui Lagnelée - portée d'une brebis - ne s'explique pas, sinon par le fait d'être l'aboutissement de la déformation du premier.

3. L'Agnelée sous l'ancien régime

Langlée est arrière-fief de la seigneurie de Graux qui relève de la cour féodale de Liège.

Renar de Melre, chanoine de Saint Paul à Liège, la transporte en 1276 à l'abbé de l'abbaye cistercienne d'Aulne12 qui reste seigneur de Graux jusqu'à la fin de l'ancien régime en 1795, excepté pendant une brève période de 23 ans, du 16 novembre 1583 (vente de la seigneurie à Noël Tabolet, marchand de cuivre à Dinant13) au 31 janvier 1608 (sentence du Conseil provincial de Namur annulant cette vente14).

Si la seigneurie de Graux est terre liégeoise, les habitants sont cependant soumis à la coutume de Namur15, de même qu'aux prescriptions des placards de Sa Majesté16 ; le Conseil provincial de Namur est compétent en matière judiciaire17.

Le comte de Namur y perçoit la taille : 3 douzains d'avoine et 12 sols par laboureur, 3 douzains d'avoine et 2 sols par manouvriers, la moitié par veuve18.

Les deux arrière-fiefs de la seigneurie de Graux sont :

Stache, actuellement englobé dans la localité Ermeton-sur-Biert19 ;

Langlée qui est mouvant du jugement de la cour hautaine de Langlée composée des mêmes mayeur et échevins que ceux de la cour de Graux. Lorsque la cour de justice examine les affaires du ressort de Langlée, elle porte le titre Court de Graux et de Langlée 20 ou parfois Court de Langlée. Les mayeur, échevins, greffier et sergent sont nommés par le seigneur de Graux à qui appartient l'exercice de la justice22.

Les mêmes mayeur et échevins forment la cour de la baronnie de Graux23, le mayeur portant le titre de lieutenant-bailli et les échevins celui de hommes de fief.

L'arrière-fief de Langlée forme une enclave de 46 à 47 bonniers24 limitées par les seigneuries d'Ermeton-sur-Biert (comté de Namur), de Biesmerée (également comté de Namur) et de Furnaux (pays de Liège).

4. Quelques notions sur l'industrie métallurgique

On sait que depuis le XVe jusqu'au premier quart du XIXe siècle, la métallurgie ou industrie de la fabrication du fer constitue une importante source de revenus pour les habitants de l'Entre-Sambre-et-Meuse grâce à un ensemble de conditions naturelles favorables : présence de minerai (matières premières) dans le soi, les forêts (combustible) et les cours d'eau (force motrice).

La fabrication du fer comporte plusieurs opérations exposées ici brièvement :

extraction du minerai est effectuée le plus souvent à ciel ouvert.

On peut encore voir trace des extractions aux lieux-dits « Les minières » ou « Les mines » dans nos localités : Ermeton-sur-Biert, Biesmerée, Stave, etc. La plus forte densité de minerai se trouvait à Fraire et Morialmé.

Le mineur est rémunéré à la production.

réduction du minerai en fonte dans les hauts-fourneaux par chaleur fournie par la combustion du charbon de bois fabriqué par les faudeurs ou charbonniers. Les aires de faude sont encore visibles dans certains champs. La combustion est assurée par un vent violent produit par des soufflets actionnés par un arbre à cames entraîné par une roue mue par l'eau.

On obtient les gueuses ou barres de fonte.

affinage de la fonte ou transformation des gueuses en fer.

Cette opération est effectuée dans la forge et consiste à brûler le carbone sous l'action de la flamme produite par le charbon de bois dont la combustion est entretenue par les soufflets actionnés par un arbre à cames entraîné par une roue mue par l'eau.

Le fer tombe goutte à goutte au fond du foyer où il s'agglomère. On obtient une loupe de fer malléable.

transformation de la loupe en lingot par martèlement du maka pour extraire les impuretés et souder intimement les particules de fer.

Le maka est un lourd marteau mû par un arbre à cames et actionné suivant les mêmes principes que ceux des soufflets. Les coups répétés transforment la loupe en lingot appelé « massot » qui est réchauffé pour obtenir une certaine malléabilité. Le massot est, par battage, transformé en barre de fer, le « brâme » qui est vendu aux entreprises industrielles de transformation telles clouteries, fenderies, platineries, etc.

Ces diverses opérations n'étaient généralement pas effectuées en un seul établissement parce que le débit des cours d'eau était insuffisant pour actionner un grand nombre de roues en un seul endroit, trois étant un maximum. Il y avait toutefois des exceptions parmi lesquelles on peut citer dans la région la forgerie de Moulins au XVIle siècle proche l'embouchure du ruisseau de Floyon (aujourd'hui la Molignée) et de la Meuse25.

L'exploitation à l'Agnelée consistait en une affinerie.

à suivre G. DEREINE.

1 A. E. N. (Archives Etat Namur), Echevinages, Graux, n° 1, fos 4 et 39v ; n° 2, fos 44, 84, 93, 99v, 106, 153.

2 A.E.N., Enquêtes judiciaires du Conseil de Namur, n° 2203. L'enquêteur écrit : le dismage dudit Anglée.

3 Ce mot est encore employé aux XVIle et XVIII, siècles.

... ont convenu ce qui s'ensuit : scavoir que ledit sieur Oudart aurat pour lesdittes deux partes et demi les batiments qui comprennent les écuries et la grange à prendre depuis langlée qui fait le coin d'une ruelle fort étroite et non habitable...

A.E.N., Protocoles notariaux, n° 1726 ( Lion), acte du 1er juin 1729.

Pirette Delhaye, laquelle assistée de Servais, son père, laquelle nous at déclaré d'avoir consenti et ratifié autant que de besoin, la vente faite par ledit Servais à Messire Pierre Polchet, seigneur foncier dudit Falaën de la lisière de son jardin à thirer droit depuis langlée extérieure à un pan planté qui estoit marqué pour faire un tourillon...

A.E.N., Echevinages, Montaigle, n° 8, acte du 15 mars 1674.

Bon nombre de mots et verbes en usage dans l'ancien francais ont disparu du vocabulaire actuel mais ont survécu dans le patois : cabut (choux), soil (seigle), mesquène (servante), pachis (prairie), mittan (milieu), etc.

4 A.E.N., Enquêtes judiciaires du Conseil de Namur, n' 1350.

5 A.E.N., Echevinages, Graux, n° 14.

6 A. E. N., Fonds Jacquier de Rosée, n° 549.

7 A. E. N., Fonds Jacquier de Rosée, n° 556.

8 A. E. N., Enquêtes judiciaires du Conseil de Namur, n° 2203. Langlée est également usité.

9 A. E. N., Fonds Jacquier de Rosée, n° 556.

10 A. E. N., Echevinages, Biesmerée, n° 20.

11 A. E. N., Fonds Jacquier de Rosée, n° 556.

12 L. Génicot, Le Namurois politique, économique et social au bas moyen âge, dans Annales de la Société archéologique de Namur, t. 52 (1964), p. 65.

13 A.E.N., Echevinages, Graux, n° 2, f° 106 et suivants.

14 A. E.N., Conseil provincial, Registre aux sentences, 1605-1609. Pour la période 1583-1608, consulter Cécile Douxchamps-Lefèbvre, La seigneurie de Graux à un tournant de l'Histoire (15831611), dans Annales de la Société archéologique de Namur, t. 54 (1968), pp. 387-424..

15 A.E.N., Echevinages, Graux, n° 2, f° 116v.

16 A.E.N., Echevinages, Graux, n° 2, fos 105v et 129v.

17 On a vu au paragraphe précédent que le différend entre l'abbaye d'Aulne et les héritiers de Noël Tabollet concernant la vente de la seigneurie de Graux est tranché par le Conseil provincial de Namur.

18 A.G.R. (Archives Générales du Royaume), Chambre des Comptes, n° 10 592, f° 74v.

Cette référene est citée à titre d'exemple, la perception de cette taille étant reprise chaque année dans les comptes du receveur des domaines.

19 Voir G. Dereine, Stache et le moulin banal de Biesmerée, dans Le Molignard, 1982, n° 3, pp. 74-76.

20 A.E.N., Echevinages, Graux, n° 2, fos 93 et 99V.

21 A.E.N., Echevinages, Graux, n° 1, f° 44 et n° 2 fos 84 et 93.

22 A.E.N., Echevinages, Graux, n° 4, fos 72v, 73 et 77v ; n° 8, fos12 et 38.

23 A.E.N., Echevinages, Graux, n° 4, fos 66 et 66v.

24 A.E.N., Enquêtes judiciaires du Conseil de Namur, n° 1350. Déclaration de Jean Moliart.

25 A.E. N., Enquêtes judiciaires du Conseil provincial de Namur, n° 6534 et 6573.

Deux forges, une fenderie, un fourneau et quatre affinoires étaient concentrés à Moulins. Le système d'amenée d'eau était très étudié.